Arrivées
vers 4h30 du matin à Bishkek, nous avons eu la bonne
nouvelle de voir
Kiyal, une cousine d'amie de cousine (un peu long à
expliquer!!!) qui nous attendait pour nous emmener à
l'appartement
qu'elle avait loué pour nous.. et comme c'est un peu
dangereux la nuit,
elle nous a attendues depuis 21h la veille a l'aéroport...
autant pour l'hospitalité Kirghize!!!
Nous avons dû attendre un peu le temps qu'Aurèlie
remplisse
son formulaire perte de bagage {ils étaient juste 10 dans ce
cas pour le même avion!!!}.. bref, nous voila
coincées ici jusqu'au prochain vol de Londres dimanche
matin... au moins!
et heureusement, mon sac était bien la et intact (pas
déchiré comme certains!).
Moral bon, mais nous sommes crevées... et l'appartement
est...
pittoresque, c'est le moins que l'on puisse dire... 12eme
étage avec un ascenseur très fatigué
(bloquées dedans
au 3eme voyage!)..
Le temps est très chaud, mais on n'a pas eu le temps de
visiter la ville encore… Nous attendons Kiyal qui veut nous
servir de guide.
Post du 22.09.02
Après
2 jours à Bishkek sous un soleil de plomb à
visiter la ville avec Kiyal , qui décidément,
s'occupe bien de nous !
Les gens ici sont adorables même s'ils ne parlent que le
russe ;-).
Le soleil est incroyablement lumineux. Nos avons vu le plus beau lever
de
soleil de notre vie, une véritable boule de feu.
Bishkek se trouve dans une plaine au pied d'une chaîne de
montagnes (4000 m) avec neiges éternelles. La ville est
plutôt délabrée, le cubisme y domine
(cubisme = ici, forme d'art soviétique où tout
est
carré !!! ) mais malgré une situation
économique très difficile, elle ne donne pas une
impression de misère.
Nous avons passé notre temps à flâner :
visite de bazar + musée d'Histoire du Kirghistan, et
surtout, essayer de trouver une solution pour passer en Chine.
Et grande nouvelle du jour: on a retrouvé le sac
d’Aurélie = elle a retrouvé sa maison.
Post du 24.09.02
Nous
sommes déjà de retour sur Bishkek !
Eh oui, après 4h de mini bus hier matin, nous sommes
arrivées à Cholpon Ata, charmante " bourgade " au
bord du lac Isyk Kul pour les curistes russes
(ça fait frémir…).
Vous avez vu Bagdad Café ? Eh bien, même
sensation version russe ! Flippant ce silence, même les
chiens rasent les murs...
Après avoir trouvé une chambre à 3
dollars, sans eau, nous nous sommes mises en quête d'un resto.
Vu qu'on ne lit ni ne comprend le russe, les commandes se font au pif.
Cela dit même si on communique mal, on fait de part et
d'autre pas mal d'efforts et au final ça donne de jolies
conversations et surtout de bons gros fous rires !!!
Le soir, on a dîné avec un jeune couple de
québécois adorables, qui semblaient
également dépités par ce No Man's Land.
Au
lit vers 22h, très froid dans la chambre… alors
le matin on est très vite parties ! Coup de bol, on a
partagé l'essence et la voiture d' un père qui
partait sur
Bishkek voir sa fille, étudiante. Nous avons
partagé l'habitacle de la voiture avec les meubles.
250 Kms dans de magnifiques paysages, dignes d'un bon
Western… Personne sur la route… à part
quelques ladas et des troupeaux de vaches.
On va rester sur Bishkek, c'est décidé et on fera
nos petites excursions d'ici.
Post du 29.09.02
Zdrasti !
…Donc ça fait 4 jours qu’on est de retour à Bichkek où on a loué une chambre dans un hôtel russe. On s'est "décapées" grâce à une salle de bain propre!
Résumé des derniers jours:
Jeudi:
Trek dans les montagnes à Ala Archa - 3 heures de marche,
seules, ( à l’exception de quelques alpinistes
russes qui redescendaient de bivouac, complètement cuits par
le soleil et la fatigue). Pour redescendre, on a emprunté le
canyon où coulait un petit torrent.
Génial!
On a longé le "biotope" de l'ours pendant une bonne heure,
mais bon, heureusement, on n'a rien vu!
Samedi: Balade à cheval en Kirghizie dans la vallée qui rejoint le Kazakstan. On a suivi la crête d’une montagne pendant une bonne heure. Vue magnifique sur les plaines d'où venaient les grandes invasions de l'est…
Transport: Facile de se déplacer seules car les locaux utilisent beaucoup les transports en commun ou le stop.
Quelques moments hilarants, par exemple le retour en bus du Ranch Ivanovska : 2 russes bourrés à la vodka draguaient 2 femmes assises à côté d'eux. Tout le minibus est parti en fou rire, nous y compris. Arrivée à Bishkek dans un brouhaha complet!
RENCONTRES:
Plein! Kiyal, notre impressionnante guide kirghize
qui pour ses 17 ans est vraiment « pêchue
» et débrouillarde.
Edward et Nurjan, chez qui nous logeons depuis 4 jours pour 2 euros la
nuit. Jeune couple adorable qui nous chouchoute ! Ils nous
ont
invitées à manger : repas arrosé
d’ un délicieux vin géorgien! Ils nous
ont donné pour le trajet, des bocaux de ratatouille Kirghize
qu’ils avaient préparée la veille.
Bon… c'est pas comme si nos sacs ne pesaient pas
déjà 2 tonnes!!! Mais c'est tellement gentil.
Gérard et Dominique, les 2 français qui ont
monté le Ranch. Leur histoire est incroyable...
NB: on n'arrête pas de rencontrer des gens de l"ONU.
STRESS : Presque 0. Le "presque" dû à la difficulté de passer en Chine. Il y a seulement 2 cols, et celui de la Torugart est fermé cette semaine (fête nationale chinoise, c'est l'anniversaire de la révolution). Après maintes tractations, on passera par l'Irkeshtam Pass. On a eu peur de devoir prendre un avion.
COMMUNICATION : On commence à connaître suffisamment de mots russes pour se débrouliller…et surtout grâce à la bonne volonté des locaux…Mais aussi grâce au mot magique: ZIDANE!!!
Post du 30.09.02
La
Torugart Pass étant fermée, l’Irkeshtam
reste la seule possibilité de passer en Chine par voie
terrestre. Elle doit fermer elle aussi, mais un jour plus tard. Ce qui
nous
laisse comme possibilité lundi.
Donc Dimanche nous avons pris un avion pour Osh, dans le sud,
où un
contact devait nous retrouver pour nous faire passer.
Arrivées à Osh vers 14 h. L’hôtel du RV étant plein et le contact absent… on tente un autre hôtel en laissant un message.
Idem, l’hôtel est plein! Et nous sommes obligées d’attendre devant, notre contact qui n’est toujours pas là.... On finit quand même par trouver un logement. Mais on attend toujours, finalement il arrive vers 19 h (au lieu de 15h!) pour nous dire qu’il faut partir ce soir, les douaniers nous attendent pour fermer la frontière (elle sera fermée une semaine pour cause de fête nationale en Chine).
Pas
le choix ! A peine le temps de manger (ce qu’on
n’avait pas
pu faire de la journée) avant de partir vers 22 h dans une
voiture pourrie, "mais solide", avec 2 bonhommes qui ne parlent pas un
mot d’anglais. L’un, Nurquamil, en tenue
militaire, joue les Van Damme, l’autre,Tolick, ressemble un
peu à De Vito. C’est parti pour une nuit en
voiture sur une piste rocailleuse d’abord, puis
gelée plus on prend de l’altitude. Pas
confortable. Au bout de 3 heures, nos chauffeurs paniquent car presque
plus d’essence !!! Ils s’arrêtent dans un
village et klaxonnent dans toutes les fermes pour trouver des bidons.
Ils en trouvent à la 6ème! On repart.
On somnole dans la voiture jusqu’à 2 h15 du mat ou
on se fait arrêter par un barrage militaire. Nurquamil
commence les « négociations » avec une
pastèque et 2 bouteilles de bière.
Puis il disparaît avec les soldats qui n’ont pas
l’air d’accord. L’attente dure environ 1
h 30 pendant laquelle un garde vient
régulièrement nous inspecter…il
vérifie nos passeport, nous éclairent
à la lampe de poche.
Nurquamil finit par revenir sentant franchement la vodka. Nous sommes
gelées, toujours dans la voiture (Tolick est
resté
avec nous). On redemarre enfin vers 4h 30.
Halte
repos sur les hauts plateaux (température env - 15
degrés C).
On passe encore une heure à se geler, avec le bruit des
ronflements de nos chauffeurs et le hurlements des loups
(Aurélie en a même vu un!). On repart et on arrive
à 7h à la frontière (3000 m
d’altitude avec des sommets entre 6 et 7000 m autour). On
attend 3 heures en prenant le thé avec les nomades
(semi-nomades) dans une caravane en taule rouillée. Puis
vers 10 h, on passe la frontière Kirghize.
2 militaires nous conduisent à la limite kirghize (à 3 km du poste frontière chinois. Mais les soldats chinois ne veulent pas nous laisser passer. Nos 2 militaires kirghizes (dont l’un parle un peu anglais), insistent. On doit attendre un accord « haut placé ». Donc on reste au soleil dans un paysage d’une beauté à couper le souffle (ou peut- être que ce sont les 3000 m d'altitude qui nous coupent le souffle!), à écouter les explosions et les tirs d’artillerie lourde autour de nous, car nous sommes dans une zone « d’entraînement militaire spécial ». Des officiers chinois de plus en plus gradés viennent nous voir. On se retrouve à une dizaine (avec les 2 militaires kirghizes). C’est sympa, ils nous offrent, à boire, des clopes, et se marrent !!!
Vers
12h30, on apprend qu’on peut marcher jusqu’au
poste chinois. Nous ne sommes toujours pas sûres de pouvoir
passer. Nos 2 kirghizes nous affirment que si on
revient, ils seront ravis! Euh, nous pas... 3km à 3000 m
avec 15 kg sur le dos, c’est très drôle!
Evidemment, on se fait arrêter à l’avant
poste. On attend encore. Enfin, arrive une voiture avec notre chauffeur
chinois et 2 colonels. Ils nous amènent au poste.
Très sympas. Sauf qu’on attend encore!
Enfin, vers 15 h, on passe la frontière, et nous voila en Chine en direction de Kashgar. 4h de traversée du désert !!!
Photos - Carte trajet - Retour Haut de pageKashgar... dans le Xinjiang (la plus grande province de Chine) est une oasis dans le désert, sur la route de la soie.
La vieille ville héberge la communauté
Ouïghoure.
En s'y promenant, on se croirait revenues quelques siècles
en arrière. Surtout la nuit, au milieu des
échoppes d'un des
plus beaux marchés de nuit d'Asie centrale.
Les chinois ont complètement cerné la vieille
ville au profit de bâtiments modernes, comment dire... moche !
Arrivées pile pour la Fête Nationale, qui
s'étend maintenant sur une semaine, nous avons eu du mal
à retirer de l'argent, et surtout à trouver un
billet de train pour Urumqi (à 1500 km
au nord, soit à 31 heures de train!) On s'est
trouvé 2 lits dans un dortoir et on a passé nos
journées à se promener, prudemment d'abord, car
ici, l'Islam est pratiqué comme au Pakistan (à
seulement 4 h de bus !) voire l’Afghanistan (certaines femmes
sont complètement couvertes). Et bien que nous fassions
attention à la façon dont nous nous habillons,
nous avons droit à des regards hostiles, et même
à 1 ou 2 insultes. En revanche, dès qu'un homme
nous accompagne (merci James!), tout change et les gens sont adorables.
Le
dortoir nous permet de rencontrer d'autres voyageurs, aussi
différents les uns que les autres, mais tous voyagent depuis
des années.
Mike, canadien, épave humaine qui a pour
guide "les endroits les plus dangereux du monde" (il part ensuite pour
Kabul, très fier de lui…) il est venu ici, juste
pour boire de l'alcool !!! Il était saoul du matin au soir.
Pathétique.
James, prof d'anglais à Urumqi depuis un
mois et qui fait des recherches sur la situation politique du Xinjiang
pour son MBA à Cambridge.
Philip, un photographe allemand
New-Yorkais/Hong-Kongais qui arrivait du Tibet.
Grâce à James, nous avons pu
découvrir, sans risques, certains quartiers de la ville, et
surtout la cuisine Ouïghoure...
Grâce à Philip… la
cuisine Pakistanaise!
Nous partons demain (samedi) pour Urumqi, ou avec
un peu de chance, on arrivera dimanche soir…
Post du 11.10.02
…Nous avons donc quitté Kashgar le 5 pour Urumqi, à 1500 km au nord.
Parties le samedi, arrivées le dimanche. 26 heures de train,
ça ressource ! Et encore, nous avons pris l'express ! Dans
un compartiment avec une famille chinoise typique : un enfant,
surprotégé et gâté, mais
mignon tout plein ! Et comme nous étions les seules
étrangères du train, plein de gamins venaient
nous voir et essayaient de parler anglais avec nous.
Trajet sans encombre, et encore une fois nous avons vu de magnifiques
paysages désertiques, steppes, yourtes et chevaux qui
galopent en liberté.
Arrivées à Urumqi, nous avons eu du mal à trouver une chambre. La ville est énorme (capitale du Xinjiang). Nous avons galéré 2 bonnes heures avec nos sacs sur le dos. On a finalement craqué et pris une chambre double pour la première nuit, dortoir pour la suivante.
Lundi 7 - Journée repos et shopping.
Mardi
8 - Grande nouveauté : temps nuageux et même froid
! Nous avions passé 19 jours de plein soleil et de chaleur,
et on s'y habituait bien.
Heureusement, nous partons le soir pour Dunhuang dans le Ganzu. Nous
fuyons le froid !
De plus Urumqi est une grosse ville, et les attraits qu 'elle peut
offrir nécessitent sans doute que l'on y vive.
Nous repartons, pour 15 heures de train cette fois. De nouveau, nous
attrapons le train de justesse (à Kashgar, nous avions
failli le rater à cause de la différence entre
l'heure locale et l'heure officielle de Pékin - que personne
ne respecte à Kashgar sauf… les administrations).
Du train, on croirait vraiment traverser la Mongolie !!! (Toute proche).
Arrivées Liunyang à 7h du matin, nous grimpons
dans un bus pour Dunhuang à 2 heures 30 au sud (4h en cas de
tempête de sable).
Désert encore, et même des vestiges de la Grande
Muraille (qui se termine à Dunhuang).
Nous arrivons en ville et prenons une chambre : petite sieste
méritée ;-), " journée repos"
à se promener. La ville semble très paisible.
Jeudi 10 - Après un petit en-cas, nous sautons dans un tuk-tuk chinois en direction du sud. Notre but : le lac Croissant de lune et des dunes de sable qui résonnent… C'est pas tentant ça ? Sur place, nous tombons sur Laurent, un français déjà croisé à Urumqi !
Le coin est un racket organisé pour touristes. Faut
même qu'on paye pour entrer dans le désert !
Nous décidons de jouer le jeu à fond au lieu de
râler, et nous nous offrons une balade de 2h à dos
de chameaux. Oui, on sait, ça fait cliché ! Mais
ça faisait longtemps
qu'on n'avait pas ri autant !
Vous avez déjà essayé le galop sur un
chameau ? Et surtout regardé les autres galoper ? C'est
à mourir de rire : on est ridicule !!!
Retour sur Dunhuang, et repas au marché de nuit avec
brochettes épicées, cuites au feu de bois...
Délicieux !!!
Post du 18/10/02
Vendredi
11
On a tenté la 2 ème attraction de la ville : les
grottes Mogao. Toujours avec Laurent. Ca aurait pu être sympa
si on avait compris ce que disait notre guide en anglais. 3
français noyés dans un groupe de hollandais,
très studieux, qui "gobaient" tout ce que disait la guide et
hochaient la tête. Nous, paniqués parce qu'on ne
comprenait pas son accent, avons commencé à
retrouver nos vieilles habitudes de "cancres du fond de la classe".
Sandrine s'est même fait prendre en train de fumer alors
qu'il y avait des panneaux d'interdiction de fumer partout! Les
hollandais ont fini par nous avouer qu'ils ne comprenaient rien non
plus. Les fayots!!!
Heureusement, on termine la journée en beauté par
un apéro en règle! ( la bière est
moins chère que l'eau :-) )
Samedi
12
On "grasse-mate" un peu et on fait quelques courses en
prévision de nos 42 heures de train le lendemain.
Aurélie n'arrive pas à trouver de coton, alors
que la ville est cernée par les champs de coton et qu'on
voit passer sans arrêt, des tracteurs charriant de gros
ballots de coton! Quant à moi, rien à faire, je
ne trouve pas de baume du tigre en Chine! J'ai même
tenté d'imiter un tigre dans un magasin, mais ils n'ont pas
compris (Rrrraouh!). On se dit qu'on doit être vraiment
nulles!
Dimanche
13 (et lundi 14)
On prend notre bus pour retourner à la station de train. Ca
secouait tellement qu'avec le frottement de nos têtes contre
les sièges, qu'on faisait un peu Jackson 5 en descendant.
Pour
une fois, on est à l'heure et nous voila parties pour
Chengdu, au centre de la Chine. Cette fois, c'est mon tour de prendre
la couchette du bas. Mais pas de bol, Jabba le Hut a celle d'en face
(haleine fétide et pue des pieds) Une horreur!
Aurélie sur la couchette supérieure avec 40 cm de
hauteur, fait tomber son drap et fait peur à tout le monde.
Comme elle ne me répond plus, je monte voir. Et je la trouve
en train de pleurer de rire, complètement coincée
par son propre bazar!
Côté paysage, toujours les mêmes, très arides. Il nous tarde de voir enfin un peu de végétation.
Mardi
15
Arrivées à Chengdu à 6h du mat. A
6h30, déjà dans notre dortoir trouvé
tout de suite près de la rivière. Tellement
fatiguées, qu'après une douche, on a dormi un
peu. Réveillées par une nouvelle arrivante, Philippa,
Néo-Zélandaise qui bosse à Shanghai.
L'après- midi, on découvre un peu la ville. Elle
est énorme et donne une ambiance très
spéciale. Le climat est plus chaud, très humide
et la brume envahit tellement la région, qu'on voit
à peine à 500m. On aime bien.
Mercredi
16
Lever 6h30. On part avec Philippa pour un trek sur le Mont Qingcheng,
berceau du taoisme. 4h de marche aller-retour. Sur le sentier, de
magnifiques temples taoistes en bois. La brume toujours
présente accroît l'atmosphère mystique.
La jungle est luxuriante. Après tous ces déserts,
on en rêvait!
Demain, nous partons pour Kunming, plus au sud. Encore 26 h de train. D'après nos calculs, on aura passe 146 h en train en Chine.
18.10.02
Arrivées à Kunming vers 8h30. Avec Gil
et Steve, 2 anglais rencontrés dans le
train, on partage un taxi pour la gare internationale. Mais la ligne
Kunming-Hanoi a été arrêtée
à cause des inondations. Il faudra qu'on prenne le bus. On
repartage le taxi pour descendre à l'Hôtel
Camélia. On dirait un hôtel de luxe. Il y a
même des grooms à l'entrée!!! Bon, nous
bien sûr, on se retrouve dans un dortoir de 12, mais au
moins, en bas, on a accès à un salon de
beauté!!! ça nous change :-)
On sort se promener en ville. Surprises, car Kunming est
très occidentalisée. On sent que le Yunnan est
plus touristique. Et il y a des magasins
partout! 2 filles lâchées là-dedans en
mal de
shopping, c'est très dangereux pour le budget! On essaie de
limiter les dégâts, et on s'en sort avec un sac
pour Aurélie, et un pull pour moi. Le
soir, partie de carte avec Gil et Steve.
Jeune couple adorable et on passe de bons moments.
Post du
19.10.02.
Ca fait un mois qu'on est parties. D 'un côté,
ça passe vite, d'un autre, on a l'impression que
ça fait des lustres qu'on a commencé ce voyage.
Impression bizarre.
On
en profite pour faire une super lessive pour
fêter ça (il fallait!).
Journée détente, à flâner
dans la ville... Le soir on remet ça avec G et S,
mais cette fois, il y a un enjeu... : une glace chocolat/vanille.
Là,
évidemment, Aurélie rattrape son retard de la
veille et même gagne!
Post du
20.10.02
Après un réveil difficile pour moi (me suis
battue toute la nuit avec un moustique, et il a gagné parce
que le matin, j'avais un oeil fermé!), on part pour 8h de
bus à Lijiang, vers la frontière
Tibétaine. Vers 16h, le bus s'arrête pour une
pause déjeuner. Seules occidentales, on rejoint une
tablée de chinois qui nous font signe, et qui
après nous avoir vu avaler quelques bouchées se
sont mis a rire, et ont décider de nous enseigner
à manger avec des baguettes... Pourtant on trouvait qu'on se
débrouillait comme des chefs!
Donc on a essayé leur méthode... une
véritable catastrophe!
On arrive vers 20h30 à Lijiang et on saute dans un taxi pour
la vieille ville (je crois que je n'oublierai jamais la vision d'Aurélie
qui court pour arrêter un taxi, avec son énorme
sac sur le dos qui balance...)
Une fois dans la vieille ville, on a un choc. Ou plutôt un
coup de foudre !
Ruelles pavées de grosses pierres et traversées
par de petits canaux partout, avec des petits ponts tout mignons et
fleuris qui les enjambent pour accéder aux
échoppes, des lampions et lanternes rouges
accrochés aux maisons de bois. Nous sommes en pays Naxi,
ethnie qui descend des nomades tibétains, et
société matriarcale (on est enfin en territoire
libre! ;-) )
L'artisanat local donne envie de tout acheter. On prend une chambre
double dans
une auberge. La chambre donne sur une petite cour pavée,
traversée par un canal.
C'est tellement mignon qu'on pense rester jusqu'a Vendredi.
Post du 31.10.02
Vu
notre retard, on vous épargne nos derniers jours en Chine,
qu'on a passé à se reposer et à se
perdre dans les petites rues de Lijiang. Comme
prévu, on prend le bus de Kunming pour Hekou
(frontière sino-vietnamienne) dimanche a 19h30.
Les passagers sont moitié occidentaux, moitié
chinois. Du moins jusqu'à 21h, heure de notre
première panne. Là, une dizaine de chinois
descend en râlant et ils disparaissent. Comme il en reste
tout de même avec nous, on ne s' affole pas. Mais nous
n'avons
aucune idée de ce qui se passe. Nous restons
scotchés jusqu'à 1h du mat devant un garage. On
en profite pour faire la connaissance des autres occidentaux. Une
canadienne, un australien (très beau, mais
indécemment jeune ;-) ), un russo-américain, une
suédoise, une danoise, un couple franco-hongrois et 2
irlandais!
Nous avions pris un bus couchette (ne pensez surtout pas à
du luxe!). En attendant, on finit par renoncer à comprendre
et on se recouche…
Vers
1h30, le bus redémarre et à 4h30,
deuxième panne au milieu de nulle part! Arrêt
définitif pour le pauvre bus!
D'après les irlandais, il s'agirait des freins... ce
explique que personne n'ait râlé, vu le
décor montagneux.
Au petit matin, on apprend qu'un bus va partir de Kunming pour nous
récupérer. Vers 12h30, après avoir
transvasé nos sacs, les gros ballots de marchandises, etc...
, nous redémarrons enfin !!!
Au bout de quelques heures, le paysage commence à changer,
et on voit nos premiers bananiers. Le climat aussi a changé:
pluie torrentielle qui rend la piste extrêmement boueuse.
Dans les
montées, ça va encore, mais dans les descentes,
tout le monde se tait et fixe devant soi… Comme si on
pouvait aider le bus à rester sur la route !!!
On commence à sentir une odeur de
brûlé, le chauffeur s'arrête 5 mn pour
arroser les roues fumantes: les freins commençaient
à
chauffer.
On arrive enfin à Hekou vers 20h30, trop
tard pour passer la frontière...
On se laisse tous entraîner dans une guesthouse,
épuisés et affamés. Ca fait 25 heures
que nous sommes aux biscuits secs et à l'eau!
Le lendemain matin, il pleut averse, mais quelle importance? Il fait
chaud!
A 8h, on passe la frontière, avec Alex
(la canadienne) et Andrew l'australien, avec qui
nous avons sympathisé.
Photos - Carte trajet - Retour Haut de page
Dès
Lao Cai, le changement de pays est flagrant. Depuis
l'architecture jusqu'à l'attitude des gens avec nous, sans
parler de leur tenue vestimentaire, tout est différent. On
se relaxe tout de suite (en Chine, il fallait rester
concentrées).
Ici tout est plus facile car beaucoup de vietnamiens parlent un peu
anglais, voire français.
Après un petit-dèj consistant, on saute tous les
4 dans le train pour Hanoi .
10 h de trajet sur de jolies banquettes en bois.
Nous sommes toujours crevées, mais on profite quand
même du voyage. On est dans une des plus belles
régions du Vietnam (Sapa). Nous longeons
le fleuve Rouge, bordé d'une jungle
luxuriante et de montagnes dont les sommets disparaissent dans la brume
(occasionnellement un champ de cannabis).
Alex et Andrew sont super sympas. On passe le temps à
discuter et à jouer aux cartes. Alex, qui a vécu
à Hanoi 6 mois, nous donne quelques
adresses. Arrivés vers 19h30.
Pendant que Alex retourne chez elle, nous prenons un taxi avec Andrew
direction une guesthouse dans le vieux quartier.
On pose les sacs dans la chambre et on part manger tous les 3 sur une
jolie terrasse qui surplombe la rue agitée.
Le lendemain, on réussit à joindre Fredo, un
copain prof de français au lycée Yesin
à Hanoi. On le rejoint en
début d'après midi, et après avoir
goûté la meilleure glace de la ville, il nous fait
visiter le vieux quartier, et nous explique un peu la vie à
Hanoi. On aime vraiment l'architecture, certains bâtiments
coloniaux sont incroyables, tout en hauteur et en longueur, mais avec
une façade large d'à peine 3 mètres.
Les ruelles sont bordées d'acacias. Tout Hanoi est envahi
par des flots de motos et de mobylettes, au point qu'il est vraiment
difficile de traverser!
Fred nous redonne un rendez-vous pour le soir, et en attendant, on
change d'hôtel. On se trouve une petite chambre
géniale avec tout le confort, pour à peine 2
dollars de plus. Fred vient nous chercher
à moto... mais avec une seule moto! Donc nous voila partis
à 3 sur sa super " bonus "! Premier arrêt au 20eme
étage du Sofitel Plaza d'où l'on voit tout Hanoi
by night.
Caroline, la responsable Fitness nous rejoint, et nous invite pour une
journée à profiter de la piscine! On repart,
toujours à 3 sur la moto, jusqu'à un boui boui ou
on déguste un steak de boeuf de la taille d'un
rôti.
On fait le plein de proteines!
Fred s'étant mis en tête de nous faire
découvrir la vie nocturne d'Hanoi, on prend maintenant la
direction de " l'Apocalypse Now ", une des 3 boîtes de nuit
de la ville. La clientèle est composée de
vietnamiens, d'expatriés et de vieilles
prostituées. Au premier abord, ça fait un peu mal
famé, murs peints en noir, cockpit d'avion, sacs de sables
empilés et
vieilles affiches du film en guise de décoration. On passe
un très bon moment avec Fred qui est vraiment adorable. Sans
pitié, nous finissons la bouteille de whisky qu'il avait en
compte, et on repart pour un
dernier pub. On y retrouve 3 collègues de Fred et on termine
la soirée jusqu'a que la police fasse fermer le bar (c'est
comme ça que la fermeture se fait ici).
Le séjour à Hanoi s'annonce
exceptionnellement prometteur et riche en
événements grâce à Fred
!
Honte
à nous pour ce retard ! Mais doit-on vraiment vous
rappeler qu'on est en vacances ? ;-)
En fait, la lenteur des connexions internet y est pour beaucoup,
ça nous décourage un peu. L'autre raison est
l'emploi du temps chargé que nous avons eu jusque
là. Fred nous a beaucoup "sorties". Tout ça pour
vous dire, que là, on va vraiment résumer.
Donc
Hanoï...
Nous sommes sorties du circuit "touristes" pour entrer (un peu) dans le
milieu des expatriés. Hébergées par
Fredo en co-location avec Marion et Raphaël, nous avons fait
pas mal de rencontres intéressantes.
Essentiellement des gens qui vivent sur Hanoï
pour quelques années. Il y a 800 français dans ce
cas à Hanoï.
Rose et Stéphane, qui ont vécu ici, un an et demi
et sont sur le point de repartir en France en descendant d'abord
jusqu'a Bangkok pour visiter un peu.
Fanny et Quong, couple franco-vietnamien. Même si ce
n'était que pour un soir, nous avons eu
le plaisir de parler vraiment, avec un vietnamien. Car depuis la Chine,
on trouve dommage de ne pas pouvoir davantage discuter avec les locaux.
Bien sûr, on a de bons contacts, mais c'est assez rare et
très bref. La barrière de la langue en est la
1ère cause, mais aussi la barrière culturelle. Ca
empêche d'approfondir les relations, et c'est frustrant.
Le reste en condensé :
Gastronomie:
On a dû essayer en moyenne 2 Bia Hoi par jour! (Petits
bistrots vietnamiens où on est assis à de
mini-tables sur des mini-chaises). Fred nous a fait
découvrir une tonne de bonnes adresses qu'il connaissait.
Et Stéphane et Rose, eux, ont transmis LEURS bonnes adresses
à Fred avant de partir, et ce... avec nous !
Bref, nous n'avons pas arrêté de manger et boire!
Des Pho (feu), tches, pattes de poulets grillées, fondues
vietnamiennes, xiao (liqueur de fruit), bière locale, etc...
Activités:
Outre une visite à la Pagode des Ambassadeurs, une excursion
Tam Coc (baie d'Along terrestre),
des heures à se promener dans le vieux quartier
français et autour du lac Hoan Quiem, il
faut avouer qu'on a aussi passé une journée dans
les jacuzzi, sauna, hammam et piscine du Sofitel Plaza,
invitées encore grâce à
Frédo ! Nous avons aussi été
invitées dans une soirée de voisinage du gratin
britannique loca (ambassadeur, etc)l. Avec Fred, on a passé
la
soirée à boire un excellent petit Bordeaux blanc
! Le tout dans un grande villa sur les bords du lac de l'Ouest. Bonne
musique et ambiance sympa et drôle à regarder les
responsables de diverses organisations étrangères
sur place, éméchés, chanter et danser
comme des gamins. Aurélie a craqué et a
terminé la soirée sur la piste de danse.
Circulation:
La moto est maintenant reine à Hanoi et
a remplacé les vélos d'il y a encore quelques
années. Il est très difficile de traverser sans
se faire percuter. On se déplace grâce aux "Xe Om"
(conducteurs de motos), parfois à trois, pas le choix, et on
a souvent eu des sueurs froides. Il y a
énormément d'accidents, et il vaut mieux de pas
être impliqué dans l'un d'eux lorsqu'on est
occidental. Les vietnamiens peuvent être violents dans ces
cas là et on a vu plusieurs passages à tabac dans
la rue.
En
bref, on a passé environ 10 jours à
Hanoï,
et ces "vacances" ont été excellentes ! (Merci
Fred ;- ).
Nous avons quitté Hanoï lundi
matin (11) en bus local pour la baie d'Along avec
Stéphane, Rose et 3 amis à eux : Alex, qui vit
à Hanoï, Guillaume et
Stéphanie, en vacances ici pour 15 jours, avant de retourner
à Montréal où ils vivent pour quelques
années. Tous très intéressants et
sympas !
On a loué un bateau pour 2 jours avec équipage et
cuisinière rien que pour nous, et ainsi
évité le classique "Halong Bay Tour"
où on est souvent 30 sur le bateau, avec destination
imposée.
On
eu de la chance : la météo était
clémente (super chaud!!!)
Les repas sur le bateau étaient essentiellement
composés de fruits de mer, accompagnés de vin
blanc et rouge (de Bordeaux bien sûr !)
A 7 sur un grand bateau qui contient une trentaine de place,
c'était royal ;-) !
La baie est magnifique et à la hauteur de ce qu'on imaginait.
En fin d'après midi, nous nous sommes
arrêtés sur une petite plage déserte
aux pieds d'un énorme rocher, rejoint la plage en
canoë, et avons attendu la nuit à faire des
châteaux de sable, ramasser des coquillages pour
l'apéro (délicieux !) et faire des batailles de
boules de sables (si, ça existe !).
En 2 heures, on a ruiné la plage ! Sachant bien
sûr, que la marée allait effacer nos traces. Nuit
sur le bateau, le clair de lune sur la baie et le reflet des rochers et
des étoiles dans l'eau nous ont
récompensés de nos efforts ;-)
Nous avons découvert un nouveau jeu : le "Maffieu", sorte de
jeu de rôle, et avons donc terminé la
soirée
à s'accuser et se soupçonner les uns les autres !
Très drôle; Après cet
agréable retour en enfance, nous avons rejoint nos cabines
pour la nuit.
Le lendemain, retour sur Halong City (avec
arrêts baignades quand même ! L'eau
était à 28 degrés), puis sur Hanoi
ou nous sommes arrivés à temps pour le train de
nuit de Hue/Hoi An (arrêt à Hue
pour nous et Hoi An pour S, R, A, G et S ou nous
devions les rejoindre par bus en soirée).
Nous
descendons donc à Hué vers 7h du matin,
sous une chaleur écrasante, et partons visiter la
cité
impériale. L'arrêt vaut le coup, mais nous sommes
un peu déçues ! Comparée à
d'autres sites de mêmes époque/influence, ces
vestiges sont vraiment en mauvais état ...de
véritables ruines de ruines!
Nous prenons un bus direct pour Hoi An (5h), pour
arriver en soirée. Après une recherche
d'hôtel difficile (tout est quasi-complet), nous retrouvons
nos 5 nouveaux amis !
Hoi An se situe au centre du Vietnam,
sur la côte, entre le Golfe du Tonkin et
la Mer Méridionale de Chine.
L'architecture y est intéressante (d'influences multiples,
la cité ayant plus de 2200 ans) même si on peut
voir les dégâts causés par l'inondation
de 97 qui a atteint les toits. Hoi An est une ville
assez calme, il est facile de s'y promener à
vélo. C'est d'ailleurs comme ça que
dès le lendemain, on s'est rendu à la plage
à 5km de la ville. Nous avions vérifié
les freins, les pneus et les roues, mais commis l'énorme
erreur de ne pas vérifier les selles, et c'est les fesses en
compote que nous sommes arrivées sur la plage ! Mais nous
avons vite été récompensées
par la vue et la
température de l'eau ;-) .
Nous passons nos journées à nous baigner, nous
promener, nous faire faire des vêtements et chaussures sur
mesure (la ville regorge de tailleurs), et nos soirées se
passent au Treat's Café à jouer au billard, ou
à regarder les étoiles.
Steph, Rose, Guillaume et Stéphanie nous quittent pour aller
plus au sud pendant qu'Alex retourne sur Hanoï.
On retombe sur Niall et Ann, Thomas et Fruszi, les irlandais et
franco-hongrois rencontrés dans le fameux bus couchette de
la frontière.
Nous partons ce soir pour Nha Trang, entre Hoi
An et Saïgon (Ho Chi
Minh Ville), toujours sur la côte. 12h de bus
(prévues ?). Nous sommes maintenant réellement en
climat tropical, et avons ressorti nos moustiquaires pour faire face
aux cafards géants qui ont élu domicile dans nos
chambres !
Post du 18.11.02
Après
14h de bus, nous arrivons à Nha Trang
vers 9h du matin, épuisées bien sûr !
Au lieu de se rendre directement au centre ville, le bus entame sa
tournée habituelle des guesthouses et hôtels
où la compagnie est commissionnée.
C'est un peu une prise d'otage, mais bon, on résiste! On
refuse le 1er hôtel. On essaie de repérer
où on est pour savoir où descendre et ne plus
avoir à subir la "tournée" qui dure souvent plus
d´une demi-heure... Ils savent que les passagers sont
crevés, qu'on a besoin d'une douche et qu'une demi-heure de
bus quand on vient d'en faire 14, c'est la goutte d'eau.... ils
essaient de nous avoir à l'usure!
On tient bon, on refuse le 2d hôtel! Le bus est
déjà à moitié vide... les
autres ont craqué, les lâches! ;-)
On n'arrive toujours pas à se repérer, quand on
arrive au 3ème hôtel... Oh et puis zut! on descend
et on prend la 1ère chambre qu'on nous propose, et on se
jette sous la douche!
Nha Trang est assez glauque au premier abord
(dû aussi au ciel bas et orageux).
Nous marchons jusqu'à la plage, mais les vagues sont trop
puissantes pour qu'on se baigne. Ca commence mal. Mais la
journée passe et on se rend compte que les gens ici sont
plus calmes, plus sympas, moins "agressifs" dans leur façon
de nous aborder pour nous vendre quelques bricoles, par exemple. Et
surtout, ils ne klaxonnent pas sans arrêt! Finalement, on
passe 2 jours relaxants, avec des moments coup de coeur, comme sur la
plage... Un après-midi, 2 gamins viennent nous
réclamer un dollar comme d'habitude, mais cette fois, on
commence à jouer avec eux. Et d'un coup, nous sommes
entourées d'une dizaines d'enfants, on joue, on rigole, et
pendant une heure, c'est magique. Un vieux monsieur nous aborde. Il a
appris le français avec les touristes sur la plage et a
juste envie de parler. Il nous raconte un peu sa vie, nous montre une
blessure faite par les français à Diên
Biên Phu et une autre par les américains
!
Le soir, en allant acheter les billets de bus pour Saigon
(HCMV), on rencontre une femme qui nous propose pour le même
prix le trajet en voiture avec son beau-frère. On
n'hésite pas (12h de bus contre 7h en voiture, le choix est
vite fait).
Post du 20.11.02.
Vers
8h30, une voiture vient effectivement nous chercher à
l'hôtel. Nous avions peur que ce soit une vieille guimbarde,
mais pas du tout. Une Mazda flambant neuve avec la clim et tout! Nous
sommes ravies! Trajet sans problème, et vers 16h, nous
voilà à Saigon. On prend une
chambre dans une ruelle de 80 cm de large (la ruelle, pas la chambre!),
chez "Miss Ha", que nous soupçonnons d'être une
ancienne... maison de joie... reconvertie.
Et on retrouve Rose et Steph, Guillaume et Stéphanie (qu'on
avait tenus au courant par mail).
Nous passons 3 jours à Saigon, on aime
bien cette ville. Et contrairement à ce que tout le monde
dit, la différence avec Hanoï
n'est pas si grande. Ou peut-être, n'est plus si grande. Il y
a davantage de voitures, la ville fait plus moderne, plus commerciale,
mais Hanoi est au moins aussi bruyante et
animée. Quant à la circulation des 2 roues, les 2
villes se valent.
Guillaume et Stéphanie prennent leur avion pour
Montréal,
et Steph et Rose leur bus pour Pnom Penh
(Cambodge), un jour avant nous.
Photos - Carte trajet - Retour Haut de page
Post du 23.11.02
Départ
pour le Cambodge. Les 2 heures de bus jusqu'à la
frontière passent très vite. Le passage du poste
vietnamien, beaucoup moins. On attend une heure derrière le
comptoir avant que le douanier daigne prendre nos passeports.
Puis c'est la queue au poste cambodgien, car nous sommes
tombés au milieu d'un groupe d'allemands avec leur guide.
Enfin on passe ! Nous voilà de l'autre
côté, et on attend le bus cambodgien qui est en
retard. Il arrive enfin et nous démarrons à 15h.
Normalement le trajet devrait durer 4h, mais connaissant l
état des routes au Cambodge, on en doute un peu !
Effectivement, la piste est une suite de nids de poule et
d'ornières monstrueuses. Nous sommes une dizaine dans ce bus
(canadiens, américains, suédois,
français + non identifiés !).
Nous arrivons juste après la mousson et les
rizières sont d'un vert presque fluorescent. Nous retrouvons
donc le Cambodge, visité il y a deux ans, avec ses couleurs
de terre (rouge) et de jungle très spéciales, ses
rizières, les enfants qui nous font de grands signes tout le
long de
la route, mais sa pauvreté aussi…
C'est fou ce qu'on aime ce pays !
A 17h, pause-crevaison d'une heure (le cric n'étant pas
assez gros, il a fallu creuser sous la roue pour la changer). On repart
donc de nuit, et ce retard nous fait rater le ferry pour traverser le
Mékong.
Une des passagères étant malade, il a fallu
s'arrêter près d'un village vers 10h du soir. Mais
il y avait une quinzaine de cambodgiens saouls et probablement avec
quelques problèmes de consanguinité, qui
étaient un peu surexcités par la
présence d'une occidentale habillée un peu trop
sexy pour leurs standards (elle était un peu inconsciente,
aussi: mini-jupe et débardeur moulant).
Aurèlie et 2 canadiens sont descendus pour la
récupérer avant que ça ne
dégénère. Apres plusieurs efforts pour
la ramener au bus, les cambodgiens ont commencé à
lancer des pierres qui ont éclaté la vitre
arrière du bus, etc... Ca craignait sérieusement,
donc on est vite partis (après une hystérie
collective due au pare-brise arrière
éclaté, avec
un bruit non pas de pierre, mais de coup de fusil, et où
tout le monde s'est aplati dans le bus en hurlant au chauffeur : "GO
MAN ! DRIVE, DRIVE !").
Mais ça nous a
refroidies pour une visite plus approfondie du Cambodge.
On arrive à 23h30, et grâce à Stef et Rose, notre chambre est réservée ! On va leur faire un dernier coucou, avant d'aller dormir, car ils doivent partir le lendemain à Siem Reap.
Le pays est truffé de mines, et en conséquence,
détient le record mondial de mutilés.
De plus, pour un pays majoritairement rural, ils ne peuvent exploiter
qu'un infime pourcentage des terres. Et pendant la mousson, les mines
glissent et se déplacent, rendant les terrains
exploités jusque-là, extrêmement
dangereux, car les agriculteurs ne sont pas conscients du changement
d'un champ qu'ils connaissent bien, avant qu'il ne soit trop tard.
L'armée et la police ne reçoivent pas de salaire.
Ils sont payés par les amendes. Il n'y a pas de
fiscalité, etc... Le régime de Pol Pot et la
guérilla des khmers rouges qui suivit jusqu'en 98... Tout
ça est si récent !!!
Nous avons visité la S-21 " Tuol Sleng Museum ", un ancien
lycée reconverti en "camp de concentration" en 75, quand
Phnom Penh a été vidé de sa
population. En plus des instruments de torture, des
règlements affichés (qui en feraient cauchemarder
plus d'un), il y a aussi des photos, qui témoignent des
atrocités perpétrées dans ces lieux.
Visite extrêmement éprouvante ! On imagine qu'on
doit éprouver les mêmes sentiments en visitant
Auschwitz. On a poussé jusqu'à visiter les
Killing Fields (Charniers), à15 kms de Phnom Penh. On vous
laisse imaginer…
Post du 15.12.02
Donc de Phnom Penh à Siem Reap, nous avons opté pour le bateau.Un
bateau supersonique même ! 5h pour couvrir 350 kms. Avec la
vitesse, il y avait tellement de vent qu'on mettait 1/4 d heure avant
de réussir à s'allumer une cigarette ! Et bien
que nous nous soyons badigeonnées d'écran
total, jambes et visage étaient couleur "poulet
tandoori",
à notre arrivée à Siem Reap
!
La re-découverte de cette ville nous a effarées :
là où deux ans plus tôt il n'y avait
que quelques hôtels et guesthouses, il y en a maintenant plus
de 200 ! Il y a des touristes partout. Il est vrai que maintenant,
c'est devenu plus facile, du moins dans les grosses villes.
Malgré tout ça reste sympa dans la mesure
où les cambodgiens sont toujours aussi adorables.
Nous nous etions donné des missions pour notre
séjour à SR :
1) Retrouver Soth et Sang, nos
guides " motos dops " de 2000.
2) Retrouver des membres de l'équipe de tournage du nouveau
film de JJ Annaud (histoire de tigres) : Betty, une
amie d'Aurélie + un copain à qui on doit remettre
une pièce de moto Minsk achetée pour lui
à Hanoi.
3) Apprendre le Khmer…
4) Visiter des coins reculés du Cambodge.
MISSION
1
Nous avons cherché Soth et Sang
à l'hôtel où nous étions la
dernière fois.
Mais il a été racheté, les prix ont
quadruplé et il n'y a plus de moto dops (chauffeurs de
moto). Déçues, mais tenaces, on questionne tout
le monde, et finalement, une cambodgienne nous dit qu'elle
connaît un Soth, de repasser demain,
etc... Nous avons quelques doutes, mais on revient le lendemain. On
attend une 1/2 heure, et enfin le " Soth " arrive,
et c'est bien lui !
Il nous reconnaît, il est un peu ému, nous aussi.
Il a même garde la photo que nous lui avions
envoyée. Il se demandait si nous allions revenir. On
l'invite à boire une bière et on passe la
soirée ensemble. C'est génial.
Le lendemain, mail de Betty, super contente : RV au Red Piano Bar dans
2 jours.
On arrive en avance, ce qui nous permet de découvrir le
cocktail préféré de Lara Croft (Tomb
Raider a été tourné ici entre-temps)
Betty arrive avec des copains, et nous embarque vers une
soirée "équipe caméra" du film.
Très sympa. On a droit à quelques anecdotes
rigolotes sur le tournage.
On se retrouve à nouveau le samedi soir pour l'anniversaire
du cadreur. Soirée Karaoke (les cambodgiens en sont fous) et
boîte de nuit avec toute l'équipe
caméra et leurs porteurs khmers. Très
drôle. Aurélie a appris quelques mouvements de
danses khmères... encore une fois : très
drôle !
;-)
Ils nous proposent de passer une journée sur le tournage,
mais c'est un peu loin et on a peur des tigres!
MISSION
4
Suite à l'incident du premier jour, nous avons
décidé d'annuler la mission 4..
Pour le reste, nous avons donc revisité les temples pendant
3 jours avec autant de plaisir qu'avant. Nous ne saurions ici
retranscrire l'atmosphère ou la beauté du site,
donc nous nous abstenons. Mais tout de même, qu'est-ce que
c'est beau !
Nous n'avons malheureusement pas pu assister au grandiose concert de
charité Josse Carreras à Angkor Wat,
le prix du billet étant de 1000 dollars (et aussi vu qu'on
n'aime pas spécialement José Carreras !)
Nous
sommes encore tombées sur Niall et Ann, les
irlandais qui font le même trajet que nous depuis Kunming.
Nous avons rencontré Giorgina, une suissesse-
italienne qui travaille dans l'humanitaire. Très
intéressante.
Et Max, un photographe de la BBC qui vit au
Pérou (on passera sûrement le voir à
Cuzco).
La maman de Soth: un après-midi, Soth nous a
emmenées voir sa famille. Séance photo et
discussions sur la vie au Cambodge.
Le Guide du War Museum, à qui il manque
une jambe et qui se surnomme lui-même "Roadrunner". Il a
sauté sur une mine en 82. Très touchant, car sans
se plaindre, il nous a expliqué les différentes
mines, comment les étudiants de Phnom Penh
ont dû se joindre à l'armée en 82 pour
lutter contre les Khmers rouges à la frontière
Thaïlandaise, et combien de ces étudiants sans
préparation au combat ont péri ou ont
sauté sur des mines. Et comment à ce jour, ils
n'ont eu aucune indemnisation, parce qu'ils n'étaient pas
militaires!
Arrivées
à Bangkok, en
soirée, nous avons pris une chambre dans l'infâme,
mais marrant, quartier de la Kao San Road. Et
là, surprise à nouveau: c'est Reggae Land!
Avec les fêtes qui approchent, il y a foule d'anglo-saxons,
d'israéliens, en fait, de toutes les nationalités
!
Des bars partout, toujours autant de puces dans les rues (nos jambes
sont déjà décorées pour
Noël de multiples boutons!)
Hier soir, nous avions RV avec Amarin, un étudiant Thai
que Sandrine connaît depuis un an par internet. Il nous a
fait visiter en voiture, Bangkok by night et nous a emmenées
dans un pub avec musique live, bien loin du flot des touristes.
C'était rafraîchissant (surtout la
bière), et en plus, comme on peut demander au groupe de
chanter un titre, on a réussi à leur faire
chanter "asedeje" de Las Ketchup! Grande victoire, et grand moment :-).
Demain, nous partons à Ko Chang, une
île paradisiaque dans le Golfe du Siam.
Et
sur ce, nous allons vous souhaiter de BONNES FÊTES,
car nous avons l'indécence suprême de prendre des
vacances "dans les vacances", et la prochaine fois que nous vous
donnerons des nouvelles, ce sera depuis la Birmanie, vers mi-janvier.
Pour les photos, on fait ce qu'on peut, mais il faut :
1) développer
2) expédier
3) scanner
4) actualiser
Et tout ça prend beaucoup de temps, surtout à
Marie-Ange pour scanner, et à Roméo pour
actualiser.
ON
VOUS EMBRASSE TRES FORT !
A L'ANNEE PROCHAINE !
Photos - Carte trajet - Retour Haut de page
La
suite de notre périple avec un peu en retard, puisqu'en
Birmanie, il n'y a pas d'accès internet. On ne va pas
revenir sur nos " vacances", les photos de la Thaïlande
devraient vous en donner une bonne idée ;-).
Et puis, ça nous a fait du bien de ne pas penser
à internet pendant quelque temps.
Nous sommes donc parties au Myanmar, le 10 janvier. Arrivées
à Rangoon dans la soirée, et chanceuses, nous
sommes tombées sur la chambre la moins chère de
la ville du premier coup ! Mais bon, pour le prix ça se
comprenait, vu l'état de la "chambre", au second
étage d'un immeuble glauque ! C'était aussi la
dernière chambre libre de la ville, on comprend pourquoi...
Tout ferme très tôt ici, et nous avons eu beaucoup
de mal à trouver un endroit pour manger à 10
heures du soir. Nous avons atterri dans un « dinner show
», accompagnées de deux autres voyageurs de notre
guest-house (un Singapourien et un Malais).
Heureusement car nos étions les seules filles,
exceptées celles qui chantaient sur scène devant
des hommes attablés qui leur louchaient dessus et achetaient
des banderoles, ou des couronnes qu' un serveur allait leur mettre
pendant leur performance. Sympa pour celle qui n'a rien eu.
Bref, l'endroit était peu reluisant, mais nous avions faim !
La nuit fut moyenne, la guesthouse étant à
côté d'une mosquée et
c'était un vendredi soir : on a eu droit toute la nuit aux
prières chantées, volume à fond.
Le lendemain, nous avons entamé la découverte du
quartier. On se croirait un peu à New Delhi : rats
écrasés dans la rue, fils électriques
qui pendent partout, la saleté, la pauvreté. Avec
quelques plus : les barrages de police, les barbelés, et des
centaines de corbeaux qui donnent une impression étrange, un
peu morbide.
Nous sommes restées trois jours à Rangoon, ce qui
nous a permis de découvrir un peu plus la ville et de la
trouver plus attrayante qu'au premier abord.
La Shwe-Dagon Paya, notamment, qui est le site bouddhiste le plus
sacré du pays et qui est magnifique. Et nous avions
oublié l'appareil photo !
Mardi
14 janvier
Départ pour le lac Inle, vers midi. 22 heures de bus,
quelques pannes comme d'habitude. Nous avons rencontré deux
français sur le trajet, Stéphane et Lionel. Nous
nous sommes installés à Nyaungshe, au nord du
lac. Petite "ville", avec très peu de voitures, mais
beaucoup de vélos, de calèches tirées
par des chevaux, et des sortes de tracteurs avec des moteurs de
bateaux. Et bien sûr, des barques, puisque
l'activité principale se déroule sur le lac.
Jeudi
16
Avec Lionel et Stéphane, nous avons loué une
barque à moteur pour la journée. La
moitié du lac est occupée par des cultures de
fleurs, de légumes, de fruits, de roseaux, et autres que
l'on n'a pas réussi à reconnaître.
Ainsi que des groupes de maisons sur pilotis, de pagodes et de
monastères.
Nous nous sommes promenés un peu partout, avons
évité le marché à
touristes, visité le fameux monastère aux chats.
Journée très agréable.
Hormis
un treck pour Aurélie, Stéphane et Lionel, nous
sommes restées quelques jours à
apprécier la quiétude de l'endroit (style Walnut
Grove pour les initiés). Puis nous sommes parties pour
Mandalay. En bus toujours, de nuit encore !
Pas mal de rencontres intéressantes et des
Français surtout (étonnamment, beaucoup de
compatriotes voyageurs en
Birmanie).
Nous avons retrouvé avec plaisir Lionel et
Stéphane, rencontré un ex-"expat" qui nous a
donné pas mal de renseignements sur le pays... etc.
Mandalay est a priori beaucoup plus vivante que Rangoon.
Différente. Balade dans les ruelles du marché,
beaucoup de couleurs.
Enfin dernière étape avant le retour, nous avons
pris le bateau pour Pagan (ou Bagan), sur l'Irrawaddy, toujours avec S
et L.
Le "voyage" en bateau nous a beaucoup plu. Janvier étant le
mois le plus sec et aussi le plus frais, le bateau touchait
fréquemment le fond. La rivière correspondait
vraiment à ce que l'on en avait vu dans des reportages,
excepté quelques touristes en tour organisé, que
beaucoup comme nous ont eu envie de jeter par-dessus bord:
Il
faut savoir que les enfants revendent les stylos aux magasins
où les touristes les achètent et ils vont
à l'école de toute façon, et le
materiel leur est fourni !
Petit coup de gueule. oui, cette attitude nous énerve
passablement !!! De plus, quatre stylos ne coûtent
là-bas que 80 centimes (de francs) et les savonnettes ont
été fauchées dans les
hôtels. Faudrait arrêter de se donner bonne
conscience à ce tarif là !
Et comprendre que ces gestes dénaturent
complètement la relation que l'on veut essayer d'avoir avec
les gens.
On
choisit une petite guest-house avec Stéphane et Lionel. Nous
avons rempli les papiers et pris possession des clefs des deux
bungalows, et quand les Birmans nous ont vu rentrer, filles d'un
côté et garçons de l'autre, ils ont
éclaté de rire et se sont moqués d'eux
le reste du séjour !
Le lendemain, nous avons tous les quatre loué des
vélos (pourris) et avons sillonné les environs.
Petits villages, avec des pagodes et stupas à perte de vue.
Le soir, sublime coucher de soleil sur l' Irrawaddy. Ca requinque. ;-)
Le marché le lendemain, très jolis
clichés de vie.
Pagan,
c'est quand même magnifique.
Retour en calèche à cheval à Nyaung U
(où nous logeons) : c'est l'un des moyens de se
déplacer les plus utilisés ici.
Lionel et Stéphane ont pris l'avion pour Rangoon, les
lâches ! On a dû se contenter du bus. Enfin, nous
avions le
temps le temps, eux non, car ils repartaient sur Paris par le vol du
lendemain.
Cette fois, seules les fenêtres du haut s'ouvraient,
d'où net progrès, car d'habitude beaucoup de
birmans vomissent par la fenêtre, ce qui gâche un
peu le voyage quand on est à l'arrière !
Aurélie est arrivée dans un triste
état.mais dû seulement à une intox
alimentaire (courant ici). Moi j'y avais eu droit au début
du voyage.
Bilan Birmanie : nous sommes ravies d'avoir eu un aperçu de ce pays très contrasté.
On ne peut accéder qu'à certaines parties du pays et les gens sont surveillés en permanence par des policiers en civil, ou encore par le "responsable" du quartier... Ils subissent sans broncher la destruction de leur maison, le travail forcé, etc.. Ils sont stressés et beaucoup souffrent d'hypertension : il est certes extrêmement difficile de se faire une idée exacte sur les méfaits de la junte.N'ayant presque pas accès à l'information extérieure, ils « acceptent » leur vie. De toute façon, ils n'ont pas d'autres choix pour le moment. Ajoutons à cela, que les relations entre les différentes ethnies dégénèreraient sérieusement si tout d'un coup la junte disparaissait. Il est probable que l'oppression actuelle laisserait place d' abord à une guerre civile.
Pas simple du tout comme situation.Apres avoir joué les sédentaires pendant plus d'un mois à Bangkok, pris des cours de massages (et eu nos diplômes!), il était grand temps de bouger. Nous avons décidé d'annuler la Malaisie et Hong-Kong pour rattraper notre retard, et de filer par un vol direct sur Bali, et c'est avec un immense plaisir que nous avons repris la route, avec nos sacs à dos de plus en plus lourds!
Nous sommes donc enfin dans l'Hémisphère Sud, en Indonésie. Atterrissage à Denpasar, samedi 1er mars vers 22h.Sans
guide de voyage et nuls autres conseils, nous sommes parties sur Kuta,
la ville-plage la plus touristique de l'île.
Arrivée nocturne en taxi, et recherche (maintenant
routinière ) d'une guesthouse, avec toutes les surprises
possibles.Le propriétaire de celle-ci avait joué
les fantômes. mais laissé les clés sur
les portes des chambres libres. Il ne nous restait plus qu'à
nous installer le plus confortablement possible et on ne s'en est pas
privées !!!
Les îliens tentent d'exorciser le drame : les
échoppes regorgent de T-shirts "Fuck terrorists" et "Oussama
doesn't surf !".
Le ton est donné. Après une mise en quarantaine
qui a duré plus de 3 mois, les touristes commencent
heureusement, à revenir !
Mais vu la capacité hôtelière, les
balinais sont encore loin d'avoir fait le plein et retrouvé
leur sérénité. Beaucoup parlent de
"repartir à zéro".
L'accueil est très chaleureux, et nous nous sommes tout de
suite acclimatées au doux rythme :" Playa, dejeuner, playa,
balades dans les ruelles, et pub en soirée".
La côte océane nous fait beaucoup penser
à nos côtes landaises et girondines, les cocotiers
et la température de l'eau en plus. Ce qui est
particulièrement joli, ce sont les planches de surf
multicolores le long de la promenade.
La conséquence de ce genre de soirée, c'est que
notre rythme biologique bat de l'aile !
Pas de sommeil avant 4/5h du mat et nous commençons
péniblement nos journées vers midi. Ca fait ainsi
3 jours que nous ratons notre rendez-vous "surf" avec Maoritz, jeune
indonésien qui ne désespère cependant
pas de nous initier !
Nous avons « essuyé » aussi quelques
orages tropicaux. C'est joli mais ça fait mal aux oreilles !
;-)
Bali - excellente transition entre l'Asie du Sud-Est et l'Australie. On
peut dire qu'une fois de plus, nous nous la coulons "très
douce", en attendant et ce, des samedi prochain, de
découvrir les grands espaces d'un nouveau continent.
Kirghistan - Chine - Vietnam - Cambodge - Thaïlande - Birmanie - Thaïlande bis - Bali - Australie - N-Zélande - Chili - Bolivie Pérou - Equateur.
Post du 13.03.03
Ca
y est ! On y est... et ça fait tout drôle de
changer de continent ! Nous avons attéri à
Darwin, "the top end of the North Territory". Le premier contact avec
l'Australie s'est fait à l'occasion du passage de la douane.
Après avoir répondu à un questionnaire
plus long que de coutume, de souriants douaniers ont scanné
scrupuleusement nos bagages pour la seconde fois du trajet (mais n'ont
rien dit sur nos 500 cigarettes importées en douce!). Il y a
plutôt intérêt à respecter la
liste des objets prohibés - à jeter ses vieux
sandwiches, boissons, cookies et autres denrées pouvant
"nuire" à l'écosystème du pays. Sinon,
il vous en coûtera 200 dollars australiens, comme
à ce pauvre voyageur que nous avons croisé, et
qui avait malheureusement oublié 3 pétales de
fleur exotique entre les pages d'un livre !
Nous avons tout de suite pris la navette et sommes descendues en centre
ville dans un "backpacker's" (sorte de guesthouse avec dortoirs) et
vers 7 h du matin, nous étions déjà au
lit pour rattraper notre nuit blanche. Quelques heures plus tard (et
quelques cernes en moins !), nous sommes allées faire des
courses pour les prochains jours.
Les
backpacker's, c'est
très pratique, on peut cuisiner, et donc choisir son
alimentation. Vu nos dons culinaires, très connus de tous,
nous avons opté pour des sandwiches et des pâtes.
Darwin est assez petite (80 000 hab.), en revanche, les rues sont
très larges. En fait, tout est large mais il n'y a pas un
chat dehors, à part quelques aborigènes et
quelques exceptions près. Bref, c'est un peu mort, comme
bled... C'est même un peu oppressant pour nous, qui venons de
passer des mois au milieu des foules asiatiques. Enfin, on s'habitue,
de plus les gens sont très sympas ("No worries mate!").
Le climat est toujours tropical, l'eau des plages a une couleur
magnifique, et manque de bol, on ne peut pas se baigner à
cause des "jelly boxes" (méduses mortelles qui infestent la
côte d'octobre à mai). De plus, les eaux regorgent
de crocodiles marins (les "salties"), et bien que les docks soient
protégés par des pièges, il y a
toujours de gros malins qui les enlèvent, et les crocos
passent (les imprudents trépassent! :-p ) Notre "hostel"
dispose d'une piscine dans laquelle on se venge tous les
après-midi.
Nous étions justement en train de nous prélasser
au soleil, quand Luc, le gérant, est venu nous
prévenir qu'un cyclone de catégorie 1 se
profilait à l'horizon: Cool! Une nouvelle
expérience à vivre!
Le barbecue "Aussie Tuker" du dimanche soir n'est pas pour autant
annulé (le cyclone "Craig" avance lentement).
Soirée très conviviale, mais la pression monte au
fur et à mesure des annonces de consignes de
sécurité et ouvertures des abris municipaux. Avec
quelques autres, nous dédramatisons à coup de
rhum et de bon vin rouge australien.
Lundi au petit-déj, nous apprenons que Craig est maintenant
de catégorie 2, et se dirige toujours sur nous, mais prend
son temps. Difficile de prévoir sa trajectoire exacte et
quand il atteindra Darwin. Vent et pluie sont
déjà la en force, mais nous avons le temps de
visiter le musée d'art aborigène, suivi de
"Crocodylus Park". Sue, notre guide habillée comme Laura
Dern dans Jurassic Park a entamé la visite, nous
entraînant sur une passerelle au-dessus d'une dizaine de
crocos géants (jusqu'à 7 m de long). On a failli
avoir une crise cardiaque quand elle a commencé son
laïus en hurlant. Puis nous avons eu droit à la
démonstration du siècle: Sue a
accroché un poulet entier à une poulie, et l'a
fait coulisser 3m au-dessus de l'eau, jusqu'au milieu de
l'étang. Un croco a jailli des profondeurs et a
gobé le malheureux volatile. Nous étions mortes
de rire, c'était exactement la scène de la
chèvre et du T-Rex dans Jurassic Park. Grâce
à son enthousiasme, nous avons
apprécié la visite beaucoup appris sur ces
horribles bestioles: on estime à 75 000 environ le nombre de
Salties dans la région... et il n'y a que les touristes qui
se font croquer!
De retour au dortoir, on nous informe que Craig est attendu au petit
matin. L'aéroport est maintenant fermé, et notre
vol du lendemain pour Alice Springs est fortement compromis. Les
dortoirs du haut sont évacués, tout le monde
descend au rez-de-chaussée, le tout dans une ambiance un peu
électrique. On s'endort, bercées par le bruit de
la tempête.
Au réveil, c'est l'étonnement
général: Le vent est tombé, et Craig
se dirige vers le Queensland après être
passé à 50 km de Darwin. Presque
déçues, nous prenons la navette pour
l'aéroport, les vols ont repris, et vers 14h, nous quittons
la région où fut tourné "Crocodile
Dundee".
Nous arrivons 1500 km plus au sud, à Alice Springs, et nous
sommes tout de suite accueillies par un nuage de mouches ! Nous voila
en plein centre de l'Australie, à 500 km de Ayers Rock, le
fameux rocher rouge. Apres avoir intégré notre
nouveau backpacker's, nous partons explorer le centre ville, chacune
entourée de son nuage de mouches (Appelez- nous
Hébus et Schrek!). Le temps est beaucoup plus sec, mais le
ciel est d'un bleu magnifique, le paysage est sublime,
désertique et de couleur ocre. Pour nous, les nuits sont
très fraîches, ce qui a causéune petite
altercation entre Sandrine et une anglaise qui partage notre dortoir,
à propos de la climatisation, qui une fois
branchée, transforme la chambre en freezer. Petit
échange en anglais de mots doux choisis (NB: On a quand
même gagné ;-))
Nous hésitions entre un tour (en groupe) ou louer une
voiture pour descendre sur Ayers Rock. Entre cet incident (pas envie de
risquer 3 jours avec ce genre de "merdeuses") et le fait que le
gérant ait trop lourdement essayé de nous imposer
son tour organisé, nous avons opté pour la
location de voiture, et la liberté de Thelma et Louise (on
évitera les falaises, c'est promis!). En attendant de partir
samedi, nous avons un programme chargé: rattraper notre
retard cinématographique, et se faire une soirée
dans un saloon avec de vrais cowboys du bush! (les "Jackiroos").
La
fin du séjour à Alice Springs s'est
donc passée selon nos attentes, voire mieux. On a
passé 2 soirées très cosmopolites
(backpackers allemand, hollandais, canadien, anglais, suisse...), en
boîte ET au saloon.
Samedi matin (15.03) nous partons chez Avis prendre possession de notre
nouveau véhicule, loué pour 3 jours.
Aurélie, qui elle, n'a pas oublié de prendre son
permis de conduire, sera la seule à pouvoir profiter de la
conduite à gauche ! Après quelques achats, nous
nous élançons sur la Stuart Highway,
en direction de King's Canyon, notre premiere
étape. C'est parti pour 450 kms de ligne droite à
travers un beau désert rouge, et s'il n'est pas toujours
rassurant de rouler pendant 200 kms avant de voir une maison (en
généal, celle de la station service!), nous ne
regrettons pas notre décision car cette liberté
n'a pas de prix. Pas de circulation, pas d'habitation, aucun signe de
vie (les seuls kangourous aperçus sont morts au bord de la
route), et le soleil crée des mirages à
l'horizon. Nous sommes obligées de mettre chapeau et
moustiquaire sur la tête chaque fois que nous sortons de la
voiture, sinon, c'est 50 mouches sur le visage! Elle ne font pas que
voler autour, elles se posent et restent! Nous arrivons au
camping de King's canyon en fin d'après midi, et plantons
fièrement notre tente en 5 mn chrono avant la
tombée de la nuit, devant un beau Ranger qui nous rappelle
que le matin, il faut vérifier que des scorpions n'ont pas
élu domicile dans nos chaussures. Serpents et
araignées sont censés avoir plus peur de nous que
l'inverse, c'est marrant comme ça ne rassure pas du tout ce
genre d'affirmation ! Au coucher de soleil, nous avons
ramassé du bois dans le bush, et fait un joli feu qui
illumine notre rudimentaire campement.
Le lendemain, nous partons au petit matin vers King's Canyon
à 30 kms plus loin. Armées de 2 litres d'eau
chacune, nous entamons la randonnée pour nous retrouver
très vite dans un superbe paysage de rochers et falaises
rouges. Hormis le vent, aucun bruit ne vient perturber le silence qui
règne. A 10h du matin, il fait déjà
plus de 40 degrés . Pendant 3h30, nous avons
longé différents canyons, et stoïquement
résisté à la tentation d'utiliser
l'une des 3 bornes de secours pour appeler un Ranger ;-)
Après avoir refait le plein d'essence et d'eau, nous partons
pour Ayers
Rock pour 400 kms de plus de route désertique.
Arrivées en fin d'après-midi, nous installons la
tente au Campground. Au petit matin (6 heures! aaaaahhhhhhhhh!!!), nous
démarrons pour voir le fameux lever du soleil sur Uluru.
Effectivement, c'est magnifique, le rocher passe du pourpre au rouge en
une heure. Nous décidons de ne pas l'escalader, car si c'est
autorisé par la loi, c'est une terre sacrée et
interdite pour les aborigènes. On a beau l'avoir vu maintes
fois en reportage ou carte postales, le rocher est impressionnant, de
près ou de loin. A 100 kms de distance, on le voyait
déjà et pouvions même apercevoir ses
failles. Incroyable. En suivant, nous allons voir les Olgas
qui sont un ensemble de rochers du même type. Cette fois, on
peut se promener dans l'un des canyons. Ambiance mystique garantie ! On
comprend que les aborigènes y attribuent la
résidence de leurs dieux.
De retour vers 14 h au camp, il nous est impossible d'entrer dans la
tente. Nous sommes étonnées qu'elle n'ait pas
encore fondue ! Une seule possibilité pour
l'après-midi : La PISCINE du camping!
Mardi matin, nous rendons la voiture à l'aéroport
et prenons l'avion pour Sydney. On s'installe au
"Jolly Swagman", un backpacker's dans le quartier chaud de Sydney. Ce
qui a essentiellement déterniné notre choix, ce
sont les petites lampes de lecture au dessus de chaque lit. Grand luxe!
King's Cross ressemble à Pigalle, mais la
présence de junkies rend l'endroit encore plus sordide. En
revanche, l'ambiance du Jolly Swagman est tellement géniale
que l'on oublie vite le côté malfamé
des alentours. Il faut avouer qu'on est un peu les doyennes des
backpackers, la moyenne d'âge se situant plutôt en
dessous de 25 ans! En moins de 2 jours, nous sommes des
habituées. Cette fois, nos 2 "room mates" sont
très cool. De plus, on a la chance de tomber sur Nicolas,
puis Valentine, 2 français voyageurs individuels avec qui on
accroche très vite. Nous passons toutes nos
soirées en bande, au pub.
Le temps est radieux, printanier, et nous marchons dans le coeur de la
ville, souvent avec Laurie et Christophe, un couple de
français rencontrés à Alice
Springs, et retrouvés à Sydney grâce
à internet. Nous découvrons les merveilles de la
cité : Jardin botanique, Opera House, le pont, les Rocks,
Darling Harbour, etc...).
Nous sommes aussi parties en excursion le samedi, accompagnées de Nicolas et Darren, notre coloc anglais, pour une rando dans les Blue Mountains et leur "rainforest", à 2 heures de train de Sydney. Lundi matin, c'est le coeur un peu lourd que nous les quittons tous, et nous nous envolons pour Melbourne, notre dernière destination avant la Nouvelle-Zélande.
Nous
sommes arrivées hier, et la ville, bien que
différente de Sydney, nous plaît beaucoup. Elle
nous semble plus cosmopolite, un peu européenne et plus
culturelle que Sydney.
Il nous reste une semaine en Australie, et nous
allons rendre visite à des amis, à Mount
Eliza, à 40 kms au sud, sur la côte.
Petite anecdote tout de même. Hier soir, dans notre dortoir,
nous avons effrayé une jeune suisse, quand le rhume
d'Aurélie s'est transformé en petite bronchite,
et que nous avons malencontreusement mentionné que nous
arrivions d'Asie. La pauvre s'est alors mise à nous parler
en se protégeant le visage avec la manche de son pull !!!
Après
2 jours tranquilles à Melbourne, nous
sommes descendues à Mount Eliza, chez
des amis, et avons ainsi passé le week-end à
Wilson
Promomtory National Park. On avoue que Laurence et
Ian nous ont bien remises en forme!!! Nous nous sommes
nous-mêmes étonnées par la
quantité de nourriture qu'on a pu avaler! A sans
arrêt changer d'endroit, et ne pas pouvoir emporter de
produits frais d'un Etat à l'autre, nous avions pris
l'habitude de nous nourrir un peu n'importe comment, nous contentant,
le
plus souvent de sandwiches au fromage (les carrés de fromage
sous vide pour pain de mie). Quand nous avons eu dans nos
assiettes de l'Ossobuco délicieux, et autres plats
succulents, nous avons craqué. On a bien du prendre 2 kg en
quelques jours! Le vendredi soir, nous sommes allées
à Wilson Prom en face de la Tasmanie
(pointe au sud est de Melbourne). Le parc est magnifique, les plages et
falaises nous ont rendu la marche encore plus agréable. Nous
étions une trentaine dans une lodge, avec des cuisiniers
hors pair, doublés d'amateurs de vin...
Côté culinaire, ce fut encore le paradis .Samedi
soir, à l'apéro nous avons mentionné
qu'en 3 semaines de séjour en Australie, nous n'avions
toujours pas vu de kangourous! Ni une ni deux, Peter, l'un des
"convives", nous a alors emmenées en 4X4, à la
tombée de la nuit, pour un safari wildlife. Une heure
à rouler pendant laquelle on a vu 5 kangourous et 3 wombats!
Enfin! Ravies, nous avons pu finir l'apéro,
rassurées d'avoir profité de ça
aussi...
Le lendemain, sur le retour, Ian nous a trouvé 4 autres
kangourous, et des émeus. Ce fut vraiment un week-end
génial.
Retour à Melbourne (ventre un peu
déformé par les abus ;-) ) pour prendre notre
avion pour la Nouvelle-Zelande.
2 avril 2003 : Nous voici au pays des Maoris... et des Hobbits ! Arrivées à Christchurch (île du sud) ou nous avons rendez-vous avec Valentine (rencontrée à Sydney). Nous décidons de louer une voiture à 3 et pour les trois semaines. Ca permet de découvrir plus facilement le pays, et surtout d'être libres de changer nos plans.
Après 2 jours à Xchurch, ville agréable, mais très british, nous filons sur Dunedin, plus au sud. Nous arrivons sous la pluie. Juste le temps de poser nos sacs dans un backpacker's, avant d'être entraînées au stade de rugby, pour voir jouer les Blues d'Auckland et les Highlanders de Dunedin. Match très important... Entre la mascotte, le concert live juste avant le match, et l'ambiance du stade... En fait, excellent... on aurait eu tort de râter ça.
Le lendemain, nous partons d'abord sur la presqu'île d'Otago, en face de Dunedin, voir les albatros et les phoques. Effectivement, il y en a, et pour Aurélie et Valentine, c'est le début d'un long (très long ;-) ) reportage animalier ! Le temps est plutôt maussade, et nous rentrons en ville faire un peu de lèche-vitrine.
Nous partons dimanche matin pour le sud (de l'île du sud) et les Catlins. Le paysage rappelle un peu l'Ecosse, et il y a des moutons par centaines de milliers. Mais la pluie nous gâche la promenade, et nous filons vers Te Anau, plus à l'ouest, vers les fjords. Arrivées en soirée, nous trouvons un backpacker's très sympa et nous nous y installons pour 2 jours. Te Anau est le point de départ idéal pour visiter des fjords, notamment Milford Sound. On réserve une petite croisière à 4 (une allemande du backpacker's nous rejoint), et nous partons à la découverte des paysages norvégiens.
Aurélie devient la reine de la conduite à gauche, relayée par Valentine, pendant que je me morfonds à jouer les co-pilotes (ce qui d'ailleurs n'a pas l'air de beaucoup aider les « pilotes » ;-) ).
Les montagnes traversées sont magnifiques (bien que... "On dirait les Pyrénées", dixit Aurélie !). Arrivées à la base du fjord, on avale notre « maintenant quotidien sandwich au fromage » en attendant le bateau. Ce faisant, on tombe sur... Ralf!!! L'un des backpackers rencontré en Australie et avec qui on est sorties à Alice Springs. Retrouvailles sympas, on se promet de se revoir à Queenstown dans 2 jours. Puis nous profitons de la croisière. Froid, mais plein soleil, nous pouvons ainsi apprécier le décor. Petit concours photos entre Valentine et Aurélie. Au petit matin (midi) nous partons de Te Anau pour Queenstown. Peu importe les kilomètres, le paysage est tellement prenant que c'est un plaisir de rouler. Le pays est très montagneux, surtout l'île du sud, et il n'y a que 4 millions d'habitants (sans doute un peu plus de moutons). C'est donc très sauvage, très "champêtre".
Queenstown est la capitale de l'adrénaline. Tous les sports extrêmes sont pratiqués, mais impossible de tout faire (en fait, pour tout vous dire, financièrement, ce n'est pas envisageable pour nous d'en faire un seul !). Pour une première journée, on opte pour une promenade en ville et prés du lac. Achats de polaire, bonnets et gants s'imposent, car si les journées sont agréables, les nuits sont glaciales. Retour à la chambre où nous découvrons 2 petits mots sur nos lits : l'un de Ralf qui nous donne RV en soirée, l'autre de Niall et Ann (vous vous rappelez, le couple d'irlandais rencontré en Chine, Vietnam et Cambodge ?), que l'on râte de peu.
Valentine revient de son bungy jump (saut à l'élastique) regonflée à bloc (juste 102 m de chute libre). Elle essaie de nous convaincre d'en faire un, mais rien que d'imaginer un saut dans le vide, je claque des dents. Quant à Aurélie, elle préfère dépenser ses sous dans la Cordillère des Andes. Après un succulent repas (purée/oeufs), on retrouve Ralf, Vasco et Sandy, dans un pub sur les bords du lac. Tout notre dortoir y est aussi, et bien la moitié du backpacker's : nous sommes tous aiguillés vers les mêmes pubs grâce aux vouchers distribués (bières gratuites). On se couche vers 2h du matin, tout doucement pour ne réveiller personne... sauf que nous étions les premières arrivées, tout le dortoir a semble-t-il découché! Non, le reste des pensionnaires rentre à 5h du mat... pas très frais.
Réveil vaillant à 11h, on rejoint les allemands, pour un trek dans la Dart/Rees valley. Il faut dire qu'avec Aurèlie, nous avons mené une enquête "difficile" de 2 jours, pour trouver quelques décors du Seigneur des Anneaux. Et notre mission accomplie, nous nous élançons sur les traces de Frodo, de Gandalf, et surtout d'Aragorn ! Suivie de "Maggie", le van rouge des allemands, nous surmontons les embûches d'une piste de montagne, traversant les guets immergés pour atteindre la dite vallée. La piste se terminant, nous continuons à pied, rejoignons le lit de la rivière où Peter Jackson a posé sa caméra. Nous poursuivons le trek dans une forêt aux arbres immenses, digne de Tolkien, jusqu'à ce que le crépuscule nous force à rebrousser chemin. Nous quittons Queenstown pour Franz Josef Glacier via Wanaka. 7h de route de montagne et de lacs pour finir sur la route de l'océan de la côte ouest, jusqu'aux Fox et FJ Glaciers. Il n'y en a que 3 au monde qui sont ainsi entourés par une forêt tropicale (le 3eme est en Patagonie). Et c'est vrai que l'ensemble est impressionnant : un glacier qui émerge de la jungle !
Le lendemain, pendant qu'Aurélie et Valentine vont se promener de leur côté, je tente "l'expédition glacier". Equipée de crampons et d'un piolet, je pars pour une journée avec un petit groupe de 7 et une guide australienne un peu folle, qui hurle toutes les 5 mn "Wickeeeeeeed"! (Génial !). Rando sur la glace, escalade de crevasse. Je n'avais pas mentionné que je suis sujette au vertige, croyant naïvement qu'un glacier était tout plat. J'ai eu quelques gros frissons lors des escalades et surtout des descentes de crevasses (on était mal assurés). Je retrouve les filles le soir, épuisée, mais soulagée que ce soit fini, et fière quand même de l'avoir fait. Nous retrouvons enfin Niall et Annn après 4 mois et demi (grâce aux e-mails) et passons la soirée avec eux. On enchaîne pour le nord de l'île, à Abel Tasman Bay pour 2 jours. Superbe endroit, certes, mais pour nous, ce sont des paysages déjà vus dans le sud de l'Australie.
On écourte le séjour et nous nous rapprochons du ferry de Picton, avec un arrêt dans les Malborough Sounds (petits fjords). En arrivant dans le backpacker's réservé, nous tombons littéralement sous le charme de l'endroit ! On repousse le ferry, et on décide de rester 3 jours dans ce havre de paix. C'est une vieille maison en bois ouverte aux voyageurs, avec un balcon qui en fait le tour, donnant sur un bras de mer et pourvue de hamacs, de kayaks et de vélos. Pas de télé, une salle de séjour avec un poêle à bois, des jeux et des gens sympas ! Le rêve... Révisions d'espagnol, fous rire avec une bande de 5 mecs anglais hors normes qui nous ont servi le petit déj le matin et qui buvaient plus de thé que de bière (ils faisaient une pause!). Emma et Tanya, écossaise et anglaise qui s'occupent de l'endroit pour les proprios, nous préparaient des muffins au chocolat et des scones ! Comment résister?!
Nous
quittons ce petit paradis pour prendre le ferry à Picton et
passer dans l'île nord. Mais la tempête en a
décidé autrement. Les ferries sont
retardés, et nous passons une journée
misérable dans un pub sur le port. Départ enfin
vers 22h (au lieu de 15h), traversée de nuit houleuse du
détroit de Cook, et
arrivée à Wellington à 2h du mat
(heureusement, nous avons toujours la voiture).
Le temps est pluvieux et froid. Après une rapide promenade
en
centre
ville, nous terminons notre samedi par la projection des "Deux Tours",
deuxième volet de la trilogie du Seigneur des Anneaux.
L'île nord est plus habitée que le sud, moins
montagneuse et plus verte. Nous remontons dimanche vers Taupo,
région volcanique. Le temps nous est compté, plus
que 5 jours avant notre vol pour le Chili.
Valentine nous quitte pour Rotorua. Avec
Aurélie, nous prenons quand même le temps de
visiter les "Cratères de la
lune", un ensemble de geysers et de fumerolles. Assez
impressionnant de se promener entre les jets de vapeur de part et
d'autre du sentier, des petits et gros cratères qui crachent
de la boue. Frustrées de ne pas avoir fait plus de randos en
forêt, nous nous aventurons en solo vers le Mont
Ruahepu, garons la voiture, au bout d'une piste perdue, et
partons sur un sentier. Alors que le soleil brillait sur Taupo,
le périmètre de la forêt est couvert
par un ciel bas de gros nuages noirs. L'ambiance n'est
déjà pas très rassurante dans cette
forêt dense, quant en plus on tombe sur un squelette d'animal
non identifié, dévoré par un animal
encore moins identifié, on s'inquiète un peu.
Puis nous découvrons sur le sol boueux des empreintes, sans
doute un chien, mais énorme vu la taille des pattes et des
griffes ! Bref, notre température corporelle en prend un
coup,
et nous
rebroussons chemin un peu trouillardes ! Etrange coïncidence,
on apprendra plus tard que nous étions
précisément à "Mordor"!!! ( royaume
de Sauron dans le S des Anneaux).
Le lendemain. Le temps est pluvieux, et il est impossible de faire le trek prévu du Tongariro Crossing (volcans).
Nous partons donc plus au nord à Rotorua, une autre région volcanique qui sent bon le soufre ! Il y a des fumerolles jusque dans la ville. Le temps est maussade, mais on prend tout de même l'après-midi pour visiter le Waitokapu : Cratères de soufre et autres minéraux en combustion odorants... Ca coupe l'appétit, mais c'est très joli avec des petits lacs multicolores (la palette de l'artiste, bain du diable...). Le soir, on se prépare un copieux repas : barbecue, patates sautées, camembert et vin ! On sympathise avec un couple de français (on s'identifie mutuellement aux verres de vin rouge dans le jardin du backpacker's où nous logeons), Karyn et Alex, qui prennent le même vol que nous pour Santiago, et un couple germano-australien.
Le jeudi, on part à Auckland avec un arrêt pour Matamata (Hobbiton du Shire), mais le tour pour visiter les maisons de Hobbits coûte 25 Euros ! Faut pas exagérer, il s'agit de 3 maisons dans un pré ! L'idée nous effleure un instant de suivre sournoisement le bus du tour, mais notre conscience nous en empêche.
Une fois à Auckland, on rend la voiture et nous nous installons dans une sorte d'usine à backpackers (600 lits) en plein centre ville. L'endroit est si peu convivial qu'on termine la soirée dehors assises sur le trottoir.
Vendredi 25 : Enfin le jour du départ tant attendu vers l'Amérique du Sud ! De plus, nous allons remonter le temps : On décolle à 17h30 pour atterrir à Santiago à midi le même jour, après 11h30 de vol. Pas fort ça ?
On est de plus en plus décontractées dans les aéroports, et on en râte presque notre avion. On retrouve Alex et Karyne au bout de 10 h de vol alors qu'ils étaient à 3 rangs de nous ! On ferme à peine l'oeil, et on s'avale les 4 navets cinématographiques proposés, pour arriver enfin à Santiago les yeux rougis par la nuit blanche.
Post du 29.04.03
A peine descendues de l'avion, on sent tout de suite qu'on va adorer !
Le tempérament latin est ici évident.Conquise, Sandrine s'est mise tout naturellement à parler espagnol ! : "Ola ! Donde esta el Tur bus para la calle de Agostinas por favor?", ou " La rubia esta aqui" pour signaler mon arrivée à l'agent de change ! Je sens que je vais beaucoup m'amuser ;-)
Nous quittons Karyne et Alex qui partent chez des amis à Santiago, de notre côté, nous prenons le fameux Tur Bus. Descente à la station Republica (on se doute que vous savez tous où ça se trouve! ;-) ), puis nous tentons laborieusement de trouver la Casa Roja, rue Agostinas. Il semblerait que les chiliens soient comme les chinois : quand ils ne savent pas, ils indiquent quand même ! Résultat, on fait deux fois cette longue rue avec nos 30 kilos sur le dos, et au bout d'une heure de marche et de questions à l'habitant, on finit par tomber sur cette vieille bâtisse, devant laquelle on est déjà passées 3 fois...
Cet "hostal" est une grande maison de style colonial espagnol aux murs délabrés, avec patio, de hauts plafonds, et beaucoup de charme. Nous sommes séduites par l'atmosphère qui y règne. Comme l'endroit est tenu par un australien, c'est le même concept de backpacker's qu'en Océanie, mais en beaucoup plus relax : check-out (rendu des clefs) à 13h au lieu de 10h, et on peut fumer à l'intérieur ! Malgré la fatigue, nous partons visiter le centre ville jusqu'a la Plaza de Armas, et retrouvons avec plaisir le style latino, avec ses rues très animées, des couples qui s'embrassent, des petits étals, et des artistes de rue... De plus, la température est très printanière.
De retour à la Casa Roja, on passe la soirée à faire la connaissance des différents voyageurs.
A 21h30, ne pouvant plus lutter contre le sommeil, nous nous écroulons sur nos lits superposés. A 3h du mat, je retrouve Sandrine à la cuisine pour une petite soupe !!! Impossible de se rendormir avant le petit matin... A midi, réveil en fanfare, et en espagnol : Il fallait libérer le dortoir pour le tournage d'un clip musical. Ben voyons ! Mais bien sûr !
P'tit déj les yeux gonflés, et départ motivé pour une seconde visite de la ville : Cerro Santa Lucia, colline qui surplombe le quartier historique, église San Francisco... Demain nous quittons déjà la capitale pour Calama, à 1200 kms au nord, près de la frontière bolivienne, dans les Andes. Nous n'avons malheureusement plus assez de temps pour bien visiter les 4 pays restants et c'est notre séjour au chili qui est écourté. Ca fait mal au coeur, mais on ne peut pas tout faire.
Post du 12.05.03A
Santiago, nous passons une dernière
soirée au resto, en compagnie de Joe, un
américain et
Fabienne, une française, à casser du sucre sur le
dos de
Bush junior et à goûter les délicieux
vins chiliens. La fatigue, le décalage horaire, la
soirée arrosée et surtout la pile du
réveil tombée en rade, nous laissent à
peine une demi-heure pour faire nos sacs, vider les lieux et attraper
le bus pour l'aéroport ! Stress et rigolades à la
clé …mais on va finir par rater un avion avant la
fin du voyage... Enfin, c'était pas pour cette fois, et nous
avons battu notre record !!!
Après 3h de vol, arrivée à Calama,
déjà sur l'Altiplano, dans la
Cordillère
des Andes, à 2700m.
Une nuit avant de prendre le bus pour San Pedro de Atacama,
à la frontière Bolivienne.
Si Calama ne présente pas
énormément d'intérêt, San
Pedro est un charmant village de maisons en torchis, et rues
poussiéreuses.
Au volant de notre bus, Zorro en personne !!! Au départ,
nous avons cru à quelque mascarade pour amuser les
touristes, bien que le bus soit pour les locaux... mais ce
héros d'un jour, nous a expliqué que
c'était un carnaval, et que Superman et Batman
n'étaient pas loin. Ca surprend quand même !
San Pedro est le point de départ pour les salars et le
passage en Bolivie. Résultat, en 2-3 ans, le village s'est
développé : électricité,
petits restos sympas avec patios accueillants, feux de bois le soir car
les nuits sont très fraîches à 2700m.
C'est une petite oasis au beau milieu d'un désert
cerné de montagnes et de volcans qui culminent à
6000 m, et pleins de lieux alentour, aux petits noms charmants : La
Vallée de la mort, la Vallée de la lune ...
On s'offre une randonnée à cheval dans cette
immensité désertique avec Alejandro (muy hermoso
Alejandro! ;-) ). Ce " cavaliero " émérite nous
entraîne dans les canyons à sec… et "
on s'y croit " ! Il nous avoue au milieu de la rando que nos chevaux
"Ivrogne" et "Haricot" (c'est plus poétique en espagnol)
sont d'anciens chevaux de rodéo. Aaaahhh... on comprend
pourquoi ils s'énervaient tout le temps... Retour
sans
encombre à San Pedro.
Nous quittons Alejandro, non sans une bise pleine de gratitude, et nous
occupons de réserver notre passage en Bolivie : 3 jours en
4X4, parfois à près de 5000m, avec 2 nuits dans
des refuges.
On prie très fort pour tomber sur des gens sympas, car 3
jours d'expédition à 6 + 2 (guides) dans un 4x4,
c'est long si l'ambiance n'est pas bonne.
Mercredi 30 avril à 8h du mat, nous retrouvons devant
l'agence nos futurs co-équipiers : Georges, un
français de Toulouse, Imogen et Nadia, 2
écossaises, et un anglais, Simon. On a de la chance, ils
sont tous à notre "convenance" .
Un minibus nous emmène au poste frontière
chilien, puis une bonne heure de route plus loin et… plus
haut, au poste bolivien, où nous attendent Esteban et
Faosta, notre couple de guides quinquagénaires et leur 4x4
rouge.
A 4500m, dans un col désertique, rien à perte de
vue, aucune végétation, une baraque en ciment et
un drapeau… le poste bolivien !!!
Après un petit dej "réchauffant", nous voila
reparties pour 3 jours de paysages...grandioses ... Nous sommes
à court de superlatifs ! Disons que ce sont les plus beaux
paysages vus depuis le début du voyage.
Kirghistan - Chine - Vietnam - Cambodge - Thaïlande - Birmanie - Thaïlande bis - Bali - Australie - N-Zélande - Chili - Bolivie Pérou - Equateur.
Post du 12.05.03
Evidemment,
aucune route, très peu de vie : quelques vigognes, lamas et
flamants roses (et ours à casquettes verte comme dirait un
grand homme de notre connaissance ;-) )
Quelques arrêts fantastiques (et ruineux en photos !) :
Laguna
Verde, Geysers du soleil du matin, Salar
de Shalviri, où on aurait pu se baigner dans des
eaux à 37 degrés si on avait eu le courage
d'enlever nos 4 épaisseurs de vêtements, bonnets
et gants...
Un arrêt épique au poste de contrôle du
Parc National, où le douanier nous fait un sketch pour un
bakchich : grandes envolées lyriques, gestes latins, pour
nous dire : "Vous comprenez, vous payez en pesos au lieu de bolivianos,
ça ne peut plus durer ! Comment je vais faire pour le change
? etc..." On finit par payer, mais devant le regard bleu
énamouré d'Imogen, il commence à avoir
un peu honte, et .... O, grande première ! Du jamais vu !
Notre homme tout repentant vient nous rendre l'argent avant qu'on
démarre ! Gros éclats de rire d'Esteban et Faosta
qui n'en croient pas leurs yeux. Nous arrivons au refuge à
4300 m en fin d'après-midi. Aurélie est la
première à souffrir de l'altitude et va se
coucher très malade, sans manger. Même les
feuilles de coca n'y font rien. Dans la nuit, grosses migraines pour la
plupart, on respire mal, et pour couronner le tout, il fait -10
degrés dehors, à peine plus à
l'intérieur. Un peu affaiblis au réveil, on
retrouve tous très vite la forme. Les paysages changent un
peu. Désert de Dali, où les
rochers prennent les formes étonnantes de sculptures du
peintre, la Laguna colorada, avec des flamants
roses par centaines. La lagune est effectivement multicolore, rouge,
verte, bleue, blanche, entourée de volcans couleur d'ocre.
En quittant le Sud Lipez, dernier
contrôle de frontière, dans une gare
désaffectée (mais le train de la mort circule
toujours entre Calama et Uyuni).
Arrêt à San Juan, petit
village à 3600m, où l'on trouve plus de lamas que
d'habitants.
On
y dort mieux que la première nuit et ici, on peut se doucher
!.
Le lendemain, dernière ligne droite, et
découverte du fabuleux Salar de Uyuni.
Il paraît que c'est la plus grande surface plate au monde,
toute recouverte de sel sur 12000 km2. On se croirait sur de la neige.
On met bien 2 heures pour le traverser, avec un arrêt sur
l'île del Pescado, aux mille cactus.
Dans la soirée, nous atteignons enfin Uyuni
: première ville bolivienne. On trouve un logement
près de la caserne (= réveil au clairon le
matin), et on s'offre un bon resto avec Simon, Imogen, Nadia et
Georges. Vin bolivien cette fois et ... steak de lama. Très
bon, ça ressemble un peu à du veau. Le lendemain,
nous partons tous "visiter" le cimetière de trains. A 25 mn
de marche de la ville, des dizaines de wagons et locos de tous les
âges, rouillés, abandonnés, gisent au
milieu de la décharge publique. Décor
surréaliste !!! Dire que c'est l'avant dernière
étape de Butch Kassidy et le Kid avant qu'ils ne se fassent
tuer
un peu plus loin.
Les anglo-saxons nous quittent pour La Paz, et les
français, Georges et nous, prenons le bus pour
Potosi.
7h de trajet plus loin, nous emménageons dans la chambre la
plus froide de l'altiplano à 3900 m !
Potosi, au XVII ème siècle,
était la ville la plus riche du monde. Pendant les 3
siècles d'occupation espagnole, El Cerro Rico, la fameuse
montagne rouge qui surplombe la ville, fut exploitée et
"saignée à blanc" pour tirer l'argent et autres
minerais qui ont enrichi l'Espagne. C'est un peu l'origine du
capitalisme en Europe. Tout ça au prix de 6 millions de vies
d'esclaves envoyés dans les mines tous les 5 mois, en
continu. Très peu en ressortaient. La montagne aujourd'hui,
abrite environ 5000 tunnels et 7000 mineurs qui continuent
d'espérer tomber sur un filon d'argent et travaillent comme
au XIX ème siècle en Europe.
Après quelques hésitations, par rapport aux
risques encourus : respirer des gaz toxiques, de l'amiante, glisser
dans des puits de 50m et la peur d'être pris pour des
voyeurs, nous décidons d'entreprendre la visite des
mines. Roberto, ancien mineur, passionné par
l'histoire des
mines, nous y guidera. Après quelques achats de feuilles de
coca, cigarettes et alcool à 96 degrés (!?) pour
les mineurs que l'on croisera, nous nous équipons : casques,
lampes à acétylène (dont la flamme
positionnée sur le casque peut atteindre 5 cm), vestes et
bottes.
Nous achetons aussi, impunément et très
hésitants, quelques bâtons de dynamite et du TNT
pour une petite expérience. A Potosi, il
n'y aurait pas de risques contrairement au Pérou, "pays du
terrorisme"(dixit Roberto), et on peut acheter tout ça dans
la rue ! Une fois au sommet de la montagne, Roberto nous montre comment
faire exploser l'ensemble, et plonge un bâton de dynamite
dans 200 g de TNT, allume la mèche, et nous dit: "C'est bon,
on a 7 mn devant nous!". On décompte quand même
dans nos têtes et 2 mn avant l'explosion, il enterre " la
chose " à 50 m de nous ! Georges et Aurélie,
appareil photos en mains pour immortaliser l'explosion, ratent leur
coup. Aurélie fait un bond de 20 cm (moi, grande courageuse,
planquée derrière elle !). Rapide comme
l'éclair, elle recule de 5 mètres et nerveusement
finit par appuyer sur le déclencheur, 30 sec à
peine après le gros "boom". Voila une photo qui devrait
être intéressante ;-)
Après toutes ces émotions, Roberto (dont la
décontraction commence à nous
inquiéter un petit peu) nous conduit à
l'entrée de la mine, où nous devons descendre 200
m de dénivelé dans différents boyaux.
Le départ est assez périlleux, c'est
carrément de la spéléologie. Le sol
boueux, chargé d'arsenic, est
agrémenté de quelques flaques d'acide sulfurique
(on espère vivement que nos bottes sont bien
étanches !), et sur les 1ers mètres, les passages
sont particulièrement vertigineux. Nous longeons des puits
profonds de plusieurs dizaines de mètres. La descente
crée quelques instants de trouille monstre, et à
un moment, je panique sur un passage aux prises glissantes. Roberto
finit par me convaincre d'y aller, mais pas facile ! Quant à
Aurélie, elle est "aidée" par Georges, qui
voulant bien faire, lui brûle la main avec la flamme de sa
lampe alors qu'elle atteint une prise pour passer au-dessus d'un puits
!
La marche dans les ténèbres est
rythmée par le bruit des explosions,
précédées par un code morse qui
résonne sur les parois. On commence à avoir de
sérieux doutes sur le tourisme à la bolivienne !
Nous finissons par croiser un mineur, (assez rare un lundi matin
après les abus du week-end, fête du 1er mai
prolongée). qui descend chancelant de son tunnel, la bouche
gonflée par les feuilles de coca, et s'arrête un
moment pour nous parler.
Les mineurs ne mangent pas à l'intérieur de la
mine, et pour supporter la faim et le sommeil, ils mâchent la
coca toute la journée.
Nous continuons à travers éboulements et conduits
à hauteur d'homme, souvent colmatés de poutres et
de ciment. On respire un peu mieux sur la fin. Visite d'un
"musée" de bric et de broc, dans le noir, qui retrace
l'histoire de la mine. On termine par un rituel païen
consacré au diable ("El Tio "). Tous les mineurs, aussi
catholiques soient ils, font un pacte avec le diable,
à
qui appartiendrait les minerais. Nous sortons par l'entrée
du XVII ème siècle, éblouis par le
soleil, après 2h30 dans le noir. Dernière
précision : Les mineurs sont maintenant
indépendants, mais les conditions de travail
archaïques, les émanations toxiques font qu'ils
meurent encore jeunes de silicose, ou d'accidents dus aux explosions.
En effet moins ils ont d'argent, moins ils achètent de
longueur de mèche pour la dynamite, et moins ils ont de
temps pour se mettre à l'abri. Et c'est pourquoi l'un d'eux
a fait en 1996 "La Une " de tous les journaux : il était le
seul a avoir atteint l'âge de la retraite !!! Nous sortons de
cette expérience forte, assez chamboulés, et
redescendons au centre-ville par le quartier des mineurs, que nous
voyons d'un autre oeil. Avant de quitter Potosi, nous visitons la
maison de la monnaie, superbe bâtiment colonial,
où étaient frappées les
pièces, jusqu'à récemment (1950
environ). Puis nous prenons le bus pour Sucre,
capitale administrative du pays (le gouvernement est à La
Paz).
Sucre
nous enchante aussi par ses bâtiments
coloniaux baroques. Les boliviens sont aussi adorables ici que dans les
localités plus petites. Comme nous commençons
à être un peu lasses du même plat que
nous ingurgitons à tous les repas : poulet, riz et frites,
pour notre première soirée, nous partons
à la recherche d'un menu différent, et
échouons dans un " resto boîte de nuit ". La salle
quasi-vide se remplit d'un groupe d'Israéliens qui prennent
possession des lieux et de la scène, pour chanter en
hébreu, fête de la création
d'Israël oblige ! Horriblement faux malheureusement...Nous
fuyons à 1h du matin, et sur le chemin du retour, nous
suivons un groupe de musiciens qui jouaient en marchant. Ils
s'arrêtent pour nous demander d'où on vient,
etc... Eux, majoritairement péruviens, sont en
tournée dans le pays. Echanges de bises et d'adresses email,
et avant de nous quitter, nous chantent en canon,
accompagnés à la guitare, un hommage à
la beauté des femmes. C'était très
beau, et nous étions un peu émues, il faut le
dire ! Nous sommes rentrées avec un énorme
sourire !
Nous comptons rester quelques jours à Sucre, puis partir
grâce avec un Fokker F-27 de la compagnie d'aviation
militaire (la moins chère du pays) pour rejoindre "l'enfer
vert" à Rurrenabaque, aux portes de l'Amazonie.
Nous restons 4 jours à SUCRE, profitant de belles journées printanières à déambuler dans les rues de cette ville aux façades baroques, repeintes en blanc pour fêter l'anniversaire tout proche, de l'indépendance !
Nous visitons quelques églises et cathédrales et profitons de la vie nocturne, puisque ici, enfin, il y en a une !
Dimanche matin, impatientes d'avancer et de découvrir La Paz, nous sortons de notre auberge vers 10 h pour prendre l’avion. Très vite, quelque chose nous semble bizarre dans la ville... quasi déserte, pas une voiture ne circule ! Il y a des militaires partout qui bloquent les rues, et de temps en temps, apparaissent de curieux petits hommes en blanc qui font du porte à porte. Mystère... vite résolu !
On apprend que c'est jour de vaccination, et personne ne peut sortir de la ville ! Aucune circulation possible... Panique dans nos rangs : comment faire pour rejoindre l'aéroport?!.
Après une bonne heure de pourparlers avec les « Gentilles Autorités », on nous offre un taxi, et nous voila parties pour l'aéroport dans la seule voiture qui roule dans la ville ! Assez déconcertant.
Nous arrivons à l'heure (!!!), mais dans un aéroport désert et fermé car les autres passagers ont dû attendre la fin de la vaccination... Seulement 2h de retard, et nous nous envolons à bord d'un Fokker F-27 militaire vers La Paz. De "charmantes hôtesses" (1,80 m au garrot et moustache) nous installent. Le vol est une horreur suprême ! Le pire que nous ayons connu de toute notre carrière de passagères !!! Tout le monde (enfin, les quatres passagers... enfin, nous plus les deux autres...) est malade, pénurie de sacs plastique, du jamais vu ! L'avion vole assez bas, malmené par les trous d'air dus au relief accidenté des Andes.
On atterrit… enfin… sur l'une des pistes les plus longues du monde. A 4000 m, les avions n’ayant pas le temps de décélérer suffisamment dans la descente, ont besoin de cette longueur de piste pour atterrir. La descente sur La Paz est à couper le souffle. La ville s'étale dans une cuvette, avec en fond, la Cordillère blanche aux sommets enneigés, et les maisons montent jusqu'au bord de l'altiplano. La ville nous plaît beaucoup, mais nous n'avons qu'un jour pour en profiter avant notre vol pour l'Amazonie. Pas grave, nous revenons dans quelques jours pour y accueillir Jérôme, un ami (et ex-collègue d'Aurelie) qui vient passer 15 jours avec nous.
Le lendemain, nous repartons donc pour l'aéroport militaire. C'est amusant de voir les mêmes mecs qui font le renseignement, l'enregistrement, puis stewart dans l’avion ! Ca met en confiance...Cette fois, le vol se passe très bien, et une heure plus tard, nous atterrissons dans la jungle. L’organisme en prend un coup, car on passe de 4000 m à 150 en une heure, mais la chaleur étouffante qu'on adore toujours autant nous requinque très vite. Nous nous débarrassons des polaires, goretex, gants et bonnets, et remplaçons tout ça par crème solaire et anti-moustique.
10 mn de bus plus tard, nous arrivons à Rurrenabaque, petit village au bord du Rio Beni en Amazonie. Les rues sont désertes, c'est l'heure de la sieste.
Le
paradis !
Notre auberge a d'ailleurs assez de hamacs dans le patio pour qu'on
puisse vite adopter le rythme local.
Rurre compte en théorie de 50 à 100 touristes par jour, mais on en voit très peu, la majorité étant éparpillée dans la pampa (marais) ou la selva (jungle). On reconnaît facilement ceux qui en reviennent à leur chemise blanche salie au maximum et à leurs boutons de moustiques et sandflies, voire même à l'odeur, puisque 3 jours dans la jungle, avec cette chaleur, sans se doucher, ça ne passe pas inaperçu.
Nous nous décidons pour 2 jours dans la jungle. La Pampa séduit beaucoup de gens car on est sûr d'y voir des animaux tels que les anacondas, piranhas, alligators, etc, mais ça fait un peu zoo et ne nous semble pas très attrayant. Les gens restent dans leur 4x4 ou leur bateau, c’est pas vraiment ce qu’on aime !!!
La jungle nous tente beaucoup plus, car on marche, on découvre les plantes, et il y a l'excitation de ne pas savoir ce que l'on va rencontrer. Les animaux sont là aussi, c'est juste plus difficile de les voir.
Nous partons le lendemain matin, avec Orlando, notre guide, et Marie-Luz, la cuisinière. 3 heures de bateau sur le Rio Beni, puis le Rio Tuichi, à admirer les bords de rivières qui sont de plus en plus envahis par une végétation luxuriante et... un peu inquiétante aussi, quand on sait tout ce qui vit là-dedans! Nous ne croisons aucune autre barque, et après 2 ou 3 villages, plus aucun signe de vie humaine.
Vers midi, nous déchargeons le bateau et marchons vers le campement à10 mn de là. Très rudimentaire, mais bien pensé. Il y a 3 tentes avec des lits pourvus de moustiquaires, une tente pour manger et un abri pour faire la cuisine. Les moustiques sont vraiment une nuisance, il faut mettre du « repellent » jusque sur le visage, toutes les 2 heures maximum. Sinon ils piquent. Ou plutôt… ils empallent. On s'installe dans une des tentes, celle où il n'y a pas de tarentule (les guides prévenants, les enlèvent régulièrement pour que les touristes puissent fermer l’oeil !).
Pendant que Marie-Luz nous prépare à manger, on déguste une boisson fraîche en discutant avec un guide, Juan. Il vient de fêter ses 24 ans dans la jungle et attend avec impatience un jour de congé pour voir sa famille. Mauvaise nouvelle pour lui, il doit encadrer un groupe de backpackers israéliens qui arrive pour 2 jours et ne pourra donc pas rentrer. Il nous explique que les guides n'apprécient pas du tout les Israéliens qui arrivent en masse dans le coin, car ils détruisent tout, n'ont aucun respect de la jungle ni des Boliviens et font un bruit pas possible. Ils les appellent les "Rambos". On apprend aussi pourquoi tant d’Israéliens viennent ici. Il y a 20 ans, 4 backpackers, un Autrichien, un Suisse, un Américain et un Israélien, sont partis sans guide dans la jungle. Comme si ce n'était déjà pas assez stupide comme ça, ils se sont en plus, séparés. On en a retrouvé 2 au bout d'un mois à deux doigts de la mort. Les 2 autres ont disparu, personne ne sait comment ils sont morts. Et l'israélien, qui a été retrouvé pas loin de notre campement, a écrit un livre : "Back from Tuichi" qui a fait un malheur. Depuis, tous les "survivors" arrivent en masse pour vivre l'aventure...
On explique quand même à Juan que c'est normal, ils sortent de 3 ans d'armée, ils sont un peu jeunes, un peu "tout fous", ils ont envie de s'amuser de décompresser. Quand le groupe en question arrive au campement, en hurlant, donnant des coups de machettes partout, et s'asseyant pour manger sans même savoir qui est leur cuisinier, se faisant servir comme au resto, sans établir de contact avec les bolivien , il est difficile de continuer à défendre leur attitude.
Quand Orlando vient nous chercher avec Aurélie, Juan et son frère Chino font mine de pleurer et de venir avec nous :-)
Nous partons pour 4 h dans la selva, le coeur un peu battant... C'est difficile de décrire l’atmosphère de la jungle, l'ambiance sonore et visuelle si particulière et tellement déroutante pour nous : les cris d'oiseaux, le hurlement des singes, ce bruit de scie électrique, « chant » des cigales, qui trouent subitement un silence pesant... les empreintes de cochons sauvages et de biches. Orlando nous explique que les sangliers se déplacent par horde de 200 bêtes, et sont très agressifs. Du coup, on n'a plus trop envie d'en voir, mais nous tombons sans arrêt sur des bauges avec des milliers d’empreintes ! Stressant !
Nous découvrons une multitude de plantes : l'arbre à curare, à quinine, à chocolat, à caoutchouc, et toujours plus d'insectes. Il faut parfois courir pour éviter que les fourmis guerrières qui infestent le sol nous grimpent dessus, parce que c’est très douloureux et que ça donne une forte fièvre qui peut durer 10 h. Aurélie découvre vite que les fourmis rouges font elles aussi, très mal !
Nous transpirons à grosses gouttes, et nos chemises, censées être plus difficiles à percer pour les moustiques qu'un T-shirt sont de moins en moins blanches…
En fin d'après-midi, nous apercevons les singes hurleurs. C'est Orlando qui les détectent pour nous. Ils sont au sommet des arbres, soit à bien 30 m au-dessus de nos têtes. Il s'ensuit une petite course-poursuite, eux en haut, nous au sol… pour essayer de mieux les voir.
Nous revenons au camp, ravies ! Orlando et ML sont des amours, et se sont pris d'affection pour nous : nous sommes « Aorelia » et « Sandrita ». La nuit tombe et nous dévorons un délicieux dîner, une tarentule au dessus de nos têtes (elles ne sortent que la nuit). Chino en attrape une et la colle sur le visage de tout le monde (sauf nous, qui avons poliment décliné ;-) )
Puis nous préparons torches et anti-moustiques pour la balade de nuit. Les guides on décidé de regrouper tout le monde (10 personnes), mais Orlando nous emmène toutes seules : plus de chance de voir quelque chose...
Il nous montre au faisceau de sa lampe les yeux d'un alligator (à l'endroit où il nous avait dit d'aller nous baigner à midi…), des oiseaux, puis, au bord de la rivière, les traces fraîches d'un jaguar ! Pendant une heure, nous les suivons en silence, le coeur battant (Orlando n'a même pas sa machette en cas de pépin), pour finir, bloqués par la rivière devenue trop profonde. Dommage. Nous revenons 2 h plus tard au camp, de plus en plus ravies.
Le lendemain, nous repassons 4 heures dans la jungle avant de repartir vers Rurre. Nous avons tellement aimé que nous décidons d'aller chercher Jérôme et de revenir ici pour lui faire découvrir cet univers !
Post du 10.06.03 (Jérome)Cette fois, pour vous reposer un peu de notre prose, nous laissons à notre ami Jérôme le soin de donner ses impressions. Nous venons de partager avec lui, 15 jours de ce voyage ! Il était une fois...
L'avion s'est posé avec un peu de retard à La
Paz, après un vol et un atterrissage à Santa
Cruz De La Sierra, plus que houleux ! La tête
à l'envers et les yeux grands ouverts, j'ai
découvert deux folles surexcitées à
l'idée d'un changement de programme qui se
révèlera très opportun…
Nous rejoignons le centre ville, les filles m'expliquant leur projet et
moi ne comprenant pas vraiment ce qui m'arrive. Le lendemain, nous nous
retrouvons de bonne heure à l'aéroport ( moi qui
m'était juré ne plus prendre l'avion de ma vie..)
pour nous rendre à Rurrenabaque, petite
ville de la jungle bolivienne, via avion militaire ( Fokker 27
à hélices). Nous survolons la Cordillère
puis la forêt amazonienne et nous posons
sur une petite piste de terre et d'herbe à 100
mètres d'altitude et… 30 degrés. Le
contraste avec La Paz est total et je commence
déjà à les remercier pour leur
initiative. Elles sont accueillies comme des reines et elles le valent
bien. Le but de l'escapade : passer deux jours dans la jungle
à côtoyer jaguars, alligators, tarantules,
moustiques et autres merveilleuses bestioles du cru. Cependant les plus
remarquables créatures de cet
écosystème sont les rurrenabaquais
eux-mêmes. Nous sommes dans une ville qui donne un beau
visage. Nous nous rendons à la petite agence fluviale avec
laquelle nous allons partir deux jours via le rio Beni
au campement de bord de rivière. Marcello, homme
à l'humour et la culture appréciables nous
accueille une cigarette aux lèvres; tout est lent et
allangui... Sa philosophie me plaît : quoi que tu fasses : du
rafting, du canyoning, de l'escalade ou de la pêche, si le
jour n'est pas venu pour toi de mourir tu ne mourras pas, mais quoi que
tu fasses, du rafting, de l'escalade, de la pêche ou de la
couture, si pour toi le jour est venu de mourir, alors tu mourras. Tout
est dit.
Nous partons le lendemain matin pour la jungle en naviguant dans une
pirogue sur le rio durant trois heures. Orlando, notre guide est
accompagné de son fils qui dirige le bateau et de Marie
Lucia préposée à la fameuse cuisine.
Nous déboulons au campement dans une chaleur tropicale. Elle
est pas belle la vie ?
Un petit mot sur Orlando, notre guide : L'homme a une cinquantaine
d'années, et un regard pétillant que j'ai
uniquement rencontré chez les personnes connaissant bien
leur
environnement. Un homme qui semble rire de tout parce que tout est
sérieux. Le loup blanc. Nous partons illico à la
découverte de la forêt et de ses hôtes
et la magie se cristallise. Dans n'importe quelle forêt du
monde nous sommes tous égaux et avons le langage universel:
ce langage qui trouve ses syllabes dans les racines, ses accents dans
les branches et ses ponctuations dans le bruit des feuilles.
Les guides nous expliquent leur croyance chamanique et nous ne sommes
pas si différents. La nuit, nous entendons les arbres
pousser lors du craquement du bois. L'Amazonie est le paroxysme de la
vie.
Parlons de cette nuit de traque au jaguar au bord du rio Beni (la rivière du vent, traduit littéralement) illuminée par la pleine lune rousse. Surveillés par les alligators aux yeux roses qu'Orlando imite parfaitement, transportés par un récital de grenouilles inspirées, nous avançons sur le sable et les pierres, suivant les traces bien visibles de l'animal sacré. Nous ne l'avons bien sûr, pas même aperçu (trop nombreux : 4, bien que religieusement silencieux). L'animal est un prédateur, pas une proie facile. Il est encore rassurant de voir que certains animaux restent des prédateurs vis à vis de l'homme. Orlando, sensible à la poésie de l'instant, savoure pleinement le concerto à mille voix de grenouilles. Elle est pas belle, la vie ? Plus que jamais. Le guide me balance un clin d'oeil qui veut tout dire; nous avons les sens démultipliés, nous nous comprenons, nous sommes bien ici, assis sur la rive.
Le surlendemain, nous nous retrouvons bloqués à Rurrenabaque une journée de plus, la pluie tropicale interdisant aux avions les décollages et atterrissages. Rurrenabaque signifie en indien "Le ravin aux canards" mais en quelques heures de pluie s'est transformé en mare aux canards. L'espace d'un instant, je me souviens de ma joie lorsque gamin je découvrais la neige qui représentait la fermeture de l'école !!!
Kirghistan - Chine - Vietnam - Cambodge - Thaïlande - Birmanie - Thaïlande bis - Bali - Australie - N-Zélande - Chili - Bolivie Pérou - Equateur.
Post du 25.05.03 (Jérôme)
Le
lendemain, nous atterrissons à La Paz
où nous entamons un véritable rallye de
l'Altiplano
au moyen de plusieurs minibus plus ou moins bondés, jusqu'a
Puno
au Pérou au bord du lac Titicaca.
Titicaca, malgré un nom à faire tordre de rire
les gamins, signifie "puma de pierre" aussi bien en Aymara qu'en
Quechua. Sa forme vue du ciel aurait inspiré ces peuples
indiens pour le baptiser ainsi. Comment ont ils pu le voir depuis le
ciel au XIè siecle??? Je les soupçonne d'avoir
ingurgité quelques substances illicites... Nous sommes
saisis par le contraste avec la Bolivie. Nous
sentons une sorte de tension, certainement amplifiée par la
fatigue du trajet. Nous réservons un bateau afin de nous
rendre sur l'île de Taquile et passons la
nuit à Puno (qui depuis a
vécu des émeutes meurtrières). Le
lendemain nous nous retrouvons à bord d'un rafiot,
entourés de touristes et flanqués d'un guide qui
nous fait passer par tous les sites les plus lucratifs pour les
compagnies de voyage. De quoi réjouir une horde de touristes
israéliens et américains, mais pas nous! Le lac
est comme sur les photos... uniformément bleu.
De Puno, nous nous rendons en 6 heures de bus à Cusco (le
nombril), ville assiégée. Nous croyons revivre la
chute de l'Empire Inca. Militaires et policiers sont ici pour
protéger les chefs d'Etats Sud-Américains d'une
population surexcédée par un marasme social et
une corruption politique qui ne désenflent pas depuis la
fuite de Fujimori, véritable crapule aux
ordres des Américains durant 10 années de mandat.
La majeure partie des pays sud-américains sont
passés d'une dictature militaire souvent
orchestrée par les Etats-Unis durant les années
70 à une dictature ultralibérale
dirigée par les mêmes renards depuis 20 ans. Les
pays sont ruinés, 1% de la population possède 95
% des richesses, les autres se partagent les miettes restantes. Le
Pérou ne fait pas exception à cette triste
règle, mais la population semble réagir en
conséquence (le président Toledo a
décrété l'état d'urgence
pour 30 jours, le jour même de mon retour, en
réponse à des manifestations
générales dans le pays. Cusco sent la poudre;
seuls les étrangers peuvent circuler librement. La ville est
riche grâce au tourisme, il ne faut donc pas faire fuir les
gringos !!! Depuis le nombril du Pérou nous allons donc
visiter la vallée sacrée des Incas et son
apothéose la Cité sacrée Macchu
Picchu (le pic majeur), qui se serait, dit on, vendue aux
Américains pour éponger quelques factures d'un
pays endetté. Ils craignent pour la
sécurité des étrangers et nous
continuons à nous en étonner ??? Dans ce climat
morose et inquiétant, les rencontres faites sont telles des
lucioles dans la nuit. Je pense au couple âgé
tenant l'hôtel Rey David et à leur
bonté candide. Au monsieur du bus vers Puno,
généreux de précieux et bienveillants
conseils. Je pense à une jolie serveuse au sourire ravageur
à Aguas Calientes, curieuse d'apprendre
le français; et aux deux musiciens de Cusco, lors de mon
dernier soir, entonnant une version endiablée d'el Condor
Pasa... et d'autres que nous ne citons pas mais que nous ne pourrons
oublier. Il y a derrière les paysages de cartes postales
leurs visages illuminés. Leurs racines sont bien
attachées à un sol fertilisé par une
forte culture inca et un espoir en une destinée manifeste.
Qu'est-ce que le voyage si ce n'est la frontière
étroite entre l'errance et la lâcheté ?
Je repense à Régis Debray, qui amoureux d'un
continent, de ses hommes et surtout de ses femmes, s'engagea
auprès du Che en 1966 dans la guerilla
bolivienne et fait prisonnier en 1967 pas très loin de
Rurrenabaque d'ailleurs. Que cherchait il ?
Sommes-nous réellement condamnés à
venir dans des pays étrangers comme on passe dans un zoo,
l'oeil distrait et les cacahuètes à la main ?
Avons-nous tant perdus de cette curiosité fraternelle et
solidaire, inscrite dans notre culture et qui ne semble pas faire
défaut aux boliviens ni aux péruviens. Quelle est
la vraie misère dans tout cela ? Un voyage n'apporte pas
beaucoup de réponses, il ne pose que des questions, ou
semble nous rappeler vers certaines prémices qui pourraient
être le terreau pour de bonnes racines dans cet intranquille
monde du dehors.
Durant ces quinze jours, j'ai pensé à une
citation de John
Donne, écrivain anglais du XVII ième
siècle, qu'Ernest Hemingway apposait en première
page de son sublime roman Pour Qui Sonne Le Glas. Et qui disait ceci :
"Nul homme n'est une isle complète en soy-mesme ; tout homme
est un morceau de continent, une part du tout; si une parcelle de
terrain est emportée par la mer, l'Europe en est
lésée, tout de mesme que s'il s'agissait du
manoir de tes propres amis ou du tien propre; la mort de tout homme me
diminue parceque je suis solidaire du genre humain . Ainsi donc,
n'envoie jamais demander pour qui sonne le glas, il sonne pour toi..."
Que ce voyage puisse démultiplier les branches de la hermosa
rubia y la hermosa negra.
Post du 29.05.03
Jérôme est donc parti le mercredi 28 à 6 heures, et c'est toutes ensommeillées, que nous lui avons souhaité un bon voyage et à très très bientôt ! Dès le réveil, la mamassita de l'hôtel Rey David, nous a prévenu gentiment qu'il fallait en tant que filles faire très attention à nous à Cusco. A nouveau seules, on décide de passer ces quelques derniers jours à visiter d'autres ruines incas pour rentabiliser notre " boleto turistico ", et de traîner près de fabuleuse la Plaza de Armas et dans la calle de Procuradores, vide désormais de policiers. C'est dans cette rue surnommée la rue des Gringos que la moitié des péruviens nous "tapent" la bise (les mêmes plusieurs fois par jour !). En achetant quelques colliers fantaisies a Almeru, un jeune péruvien, on se retrouve dès notre première soirée en solo à goûter à la chicha (boisson favorite des Quechuas, sorte de maïs fermenté), on se reporte très vite sur la bière locale, la Cusqueña, nettement plus digeste. Mais se retrouver dans cette auberge " parallèle " dont l'enseigne est toujours indiquée par un sac plastique accroché au-dessus de la porte, valait le détour. On se retrouve assises à la seule table libre du bar, celle qui est au-dessus de la télévision, celle d'où on ne peut rien voir du match de foot Cuzco contre une des équipes de Lima. Malgré un intérêt manifeste pour le petit écran, on a du mal à passer inaperçues... Almeru, un brin mystique, nous parle de sa culture quechua, cette communion parfaite avec la nature, l'énergie visible des plantes, la pachamama et de toutes ces croyances ancestrales, avec beaucoup de ferveur. Un brin philosophique aussi ;-)... en abordant la question du comportement des Etats-Unis par rapport à l´Amérique du sud, il rétorque " les Etats-Unis n'existent pas, es una fantasia ! "
Le lendemain, on décide de partir visiter Pisac et autres sites incas des alentours de Cusco. Renato que l'on a rencontré la veille à son magasin de disques et qui guide les touristes pour arrondir ses fins de mois, nous emmène en auto. Il nous berce toute la journée de jolies histoires sur cette époque... Hypothèses parfois un peu tirées par les cheveux mais quand rien n'est prouvé tout est racontable. Les guides s'en donnent d'ailleurs à coeur joie !
En soirée à Cusco, on retrouve nos " vieilles " habitudes, le même resto, les mêmes musiciens, deux frères Marcos et Juan. Les mêmes rythmes endiablés, ils ne réussiront quand même pas à nous convaincre de les suivre en boîte de nuit. Depuis que nous sommes en altitude, nous tombons vite dans les bras de Morphée. Nous continuons à sillonner la ville, à visiter cathédrale, églises et musées. On apprend aussi que Georges, le toulousain maintes fois rencontré, est dans les murs de notre hôtel ! On le retrouve pour les deux derniers jours.
Les péruviens ne parlent plus que de " l'état d'urgence de 30 jours ", décrété par le Président Toledo. Les profs continuent à manifester, non groupés, armés de pancartes vindicatives envers le gouvernement, en silence, la bouche fermée de deux sparadraps. Tout aussi impressionnant et éloquent ! Il y a eu pas mal de blessés dans les rangs des " Maestros " la semaine passée. Ils poursuivent la lutte mais ne veulent visiblement plus se frotter aux forces de l'ordre... trop dangereux.
C'est un petit peu fatiguées par le climat (froid) et l'altitude (3400m), qu'on s'envole pour Lima le dimanche matin. Le lundi soir, nous sommes déjà dans un bus grand luxe en direction de Mancora. 16 heures de trajet qui passe pour une fois relativement vite... Sièges ultras confortables et quelques daubes américaines en vidéo, nous aident à tuer le temps.
Mancora
est une petite station balnéaire pour surfeurs et un port de
pêche du nord du Pérou, à deux heures
de la frontière avec l'Equateur.
C'est l'hiver et il n'y a vraiment rien à faire sur cette
terre ! La plage de sable est quasi déserte : mise
à part quelques locaux qui surfent la vaguelette, des
pélicans, des sternes,des vautours et des chiens qui hurlent
(aboient ?) en permanence... Bref, l'endroit rêvé
pour se refaire une " santé " et se préparer
psychologiquement au retour....
C'est l'hiver mais il fait très chaud et la nuit, il fait
une vingtaine de degrés sous "l' El Pirata ", groupement de
petites moustiquaires et bungalows en bambous qui nous accueille. A
part une anglaise qui travaille dans l'humanitaire et un ou deux
voyageurs de passage,...il n'y a que nous ! C'est donc dans ce petit
bled dont l'unique rue est la fameuse "Transpanaméenne",
empruntée chaque jour par les gros camions qui traversent le
continent américain, que nous posons nos "valises" en
attendant de rejoindre Quito cette semaine, puis Madrid,
puis Paris...
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EPILOGUE
Post du 14.06.03
Notre seul arrêt changement est à Guayaquil, où nous passons deux heures, le temps de trouver un bus pour Quito. Nous arrivons dans la capitale le matin suivant. Un dernier dortoir dans un dernier backpacker's, et quelques soirées en boîte avec nos colocataires néo-zélandais et irlandais.
Voici donc la fin du voyage pour nous, à quelques jours
près. Nous sommes en quelque sorte
"déjà revenues" en France, de la même
façon que nous "partons" plusieurs jours avant l'avion
à chaque voyage. De plus, la plage de Mancora ces derniers
jous, pourrait tout
à fait être médocaine, le temps nous
rappelant tellement un été girondin.
Mais quel voyage jusque là ! S'il y en a parmi vous qui se
posent la question, n'hésitez pas, c'est une
expérience qui vaut tous les "enquiquinements" du retour. Et
pourtant, nous ne vous avons pas tout raconté...
C'était encore… mieux que ce qu'on a pu
écrire ! Tant de visages, de couleurs, d'odeurs, de bruits
qui nous ont fait vivre à d'autres rythmes, l'exotisme
derrière chaque porte...
Nous terminons en vous laissant méditer sur cette citation
dont on ne présente plus l'auteur et qui nous va comme un
gant : " Le Bonheur n'est pas une destination, c'est un voyage ".