Arrivées
vers 4h30 du matin à Bishkek, nous avons eu la bonne
nouvelle de voir
Kiyal, une cousine d'amie de cousine (un peu long à
expliquer!!!) qui nous attendait pour nous emmener à
l'appartement
qu'elle avait loué pour nous.. et comme c'est un peu
dangereux la nuit,
elle nous a attendues depuis 21h la veille a l'aéroport...
autant pour l'hospitalité Kirghize!!!
Nous avons dû attendre un peu le temps qu'Aurèlie
remplisse
son formulaire perte de bagage {ils étaient juste 10 dans ce
cas pour le même avion!!!}.. bref, nous voila
coincées ici jusqu'au prochain vol de Londres dimanche
matin... au moins!
et heureusement, mon sac était bien la et intact (pas
déchiré comme certains!).
Moral bon, mais nous sommes crevées... et l'appartement
est...
pittoresque, c'est le moins que l'on puisse dire... 12eme
étage avec un ascenseur très fatigué
(bloquées dedans
au 3eme voyage!)..
Le temps est très chaud, mais on n'a pas eu le temps de
visiter la ville encore… Nous attendons Kiyal qui veut nous
servir de guide.
Post du 22.09.02
Après
2 jours à Bishkek sous un soleil de plomb à
visiter la ville avec Kiyal , qui décidément,
s'occupe bien de nous !
Les gens ici sont adorables même s'ils ne parlent que le
russe ;-).
Le soleil est incroyablement lumineux. Nos avons vu le plus beau lever
de
soleil de notre vie, une véritable boule de feu.
Bishkek se trouve dans une plaine au pied d'une chaîne de
montagnes (4000 m) avec neiges éternelles. La ville est
plutôt délabrée, le cubisme y domine
(cubisme = ici, forme d'art soviétique où tout
est
carré !!! ) mais malgré une situation
économique très difficile, elle ne donne pas une
impression de misère.
Nous avons passé notre temps à flâner :
visite de bazar + musée d'Histoire du Kirghistan, et
surtout, essayer de trouver une solution pour passer en Chine.
Et grande nouvelle du jour: on a retrouvé le sac
d’Aurélie = elle a retrouvé sa maison.
Post du 24.09.02
Nous
sommes déjà de retour sur Bishkek !
Eh oui, après 4h de mini bus hier matin, nous sommes
arrivées à Cholpon Ata, charmante " bourgade " au
bord du lac Isyk Kul pour les curistes russes
(ça fait frémir…).
Vous avez vu Bagdad Café ? Eh bien, même
sensation version russe ! Flippant ce silence, même les
chiens rasent les murs...
Après avoir trouvé une chambre à 3
dollars, sans eau, nous nous sommes mises en quête d'un resto.
Vu qu'on ne lit ni ne comprend le russe, les commandes se font au pif.
Cela dit même si on communique mal, on fait de part et
d'autre pas mal d'efforts et au final ça donne de jolies
conversations et surtout de bons gros fous rires !!!
Le soir, on a dîné avec un jeune couple de
québécois adorables, qui semblaient
également dépités par ce No Man's Land.
Au
lit vers 22h, très froid dans la chambre… alors
le matin on est très vite parties ! Coup de bol, on a
partagé l'essence et la voiture d' un père qui
partait sur
Bishkek voir sa fille, étudiante. Nous avons
partagé l'habitacle de la voiture avec les meubles.
250 Kms dans de magnifiques paysages, dignes d'un bon
Western… Personne sur la route… à part
quelques ladas et des troupeaux de vaches.
On va rester sur Bishkek, c'est décidé et on fera
nos petites excursions d'ici.
Post du 29.09.02
Zdrasti !
…Donc ça fait 4 jours qu’on est de retour à Bichkek où on a loué une chambre dans un hôtel russe. On s'est "décapées" grâce à une salle de bain propre!
Résumé des derniers jours:
Jeudi:
Trek dans les montagnes à Ala Archa - 3 heures de marche,
seules, ( à l’exception de quelques alpinistes
russes qui redescendaient de bivouac, complètement cuits par
le soleil et la fatigue). Pour redescendre, on a emprunté le
canyon où coulait un petit torrent.
Génial!
On a longé le "biotope" de l'ours pendant une bonne heure,
mais bon, heureusement, on n'a rien vu!
Samedi: Balade à cheval en Kirghizie dans la vallée qui rejoint le Kazakstan. On a suivi la crête d’une montagne pendant une bonne heure. Vue magnifique sur les plaines d'où venaient les grandes invasions de l'est…
Transport: Facile de se déplacer seules car les locaux utilisent beaucoup les transports en commun ou le stop.
Quelques moments hilarants, par exemple le retour en bus du Ranch Ivanovska : 2 russes bourrés à la vodka draguaient 2 femmes assises à côté d'eux. Tout le minibus est parti en fou rire, nous y compris. Arrivée à Bishkek dans un brouhaha complet!
RENCONTRES:
Plein! Kiyal, notre impressionnante guide kirghize
qui pour ses 17 ans est vraiment « pêchue
» et débrouillarde.
Edward et Nurjan, chez qui nous logeons depuis 4 jours pour 2 euros la
nuit. Jeune couple adorable qui nous chouchoute ! Ils nous
ont
invitées à manger : repas arrosé
d’ un délicieux vin géorgien! Ils nous
ont donné pour le trajet, des bocaux de ratatouille Kirghize
qu’ils avaient préparée la veille.
Bon… c'est pas comme si nos sacs ne pesaient pas
déjà 2 tonnes!!! Mais c'est tellement gentil.
Gérard et Dominique, les 2 français qui ont
monté le Ranch. Leur histoire est incroyable...
NB: on n'arrête pas de rencontrer des gens de l"ONU.
STRESS : Presque 0. Le "presque" dû à la difficulté de passer en Chine. Il y a seulement 2 cols, et celui de la Torugart est fermé cette semaine (fête nationale chinoise, c'est l'anniversaire de la révolution). Après maintes tractations, on passera par l'Irkeshtam Pass. On a eu peur de devoir prendre un avion.
COMMUNICATION : On commence à connaître suffisamment de mots russes pour se débrouliller…et surtout grâce à la bonne volonté des locaux…Mais aussi grâce au mot magique: ZIDANE!!!
Post du 30.09.02
La
Torugart Pass étant fermée, l’Irkeshtam
reste la seule possibilité de passer en Chine par voie
terrestre. Elle doit fermer elle aussi, mais un jour plus tard. Ce qui
nous
laisse comme possibilité lundi.
Donc Dimanche nous avons pris un avion pour Osh, dans le sud,
où un
contact devait nous retrouver pour nous faire passer.
Arrivées à Osh vers 14 h. L’hôtel du RV étant plein et le contact absent… on tente un autre hôtel en laissant un message.
Idem, l’hôtel est plein! Et nous sommes obligées d’attendre devant, notre contact qui n’est toujours pas là.... On finit quand même par trouver un logement. Mais on attend toujours, finalement il arrive vers 19 h (au lieu de 15h!) pour nous dire qu’il faut partir ce soir, les douaniers nous attendent pour fermer la frontière (elle sera fermée une semaine pour cause de fête nationale en Chine).
Pas
le choix ! A peine le temps de manger (ce qu’on
n’avait pas
pu faire de la journée) avant de partir vers 22 h dans une
voiture pourrie, "mais solide", avec 2 bonhommes qui ne parlent pas un
mot d’anglais. L’un, Nurquamil, en tenue
militaire, joue les Van Damme, l’autre,Tolick, ressemble un
peu à De Vito. C’est parti pour une nuit en
voiture sur une piste rocailleuse d’abord, puis
gelée plus on prend de l’altitude. Pas
confortable. Au bout de 3 heures, nos chauffeurs paniquent car presque
plus d’essence !!! Ils s’arrêtent dans un
village et klaxonnent dans toutes les fermes pour trouver des bidons.
Ils en trouvent à la 6ème! On repart.
On somnole dans la voiture jusqu’à 2 h15 du mat ou
on se fait arrêter par un barrage militaire. Nurquamil
commence les « négociations » avec une
pastèque et 2 bouteilles de bière.
Puis il disparaît avec les soldats qui n’ont pas
l’air d’accord. L’attente dure environ 1
h 30 pendant laquelle un garde vient
régulièrement nous inspecter…il
vérifie nos passeport, nous éclairent
à la lampe de poche.
Nurquamil finit par revenir sentant franchement la vodka. Nous sommes
gelées, toujours dans la voiture (Tolick est
resté
avec nous). On redemarre enfin vers 4h 30.
Halte
repos sur les hauts plateaux (température env - 15
degrés C).
On passe encore une heure à se geler, avec le bruit des
ronflements de nos chauffeurs et le hurlements des loups
(Aurélie en a même vu un!). On repart et on arrive
à 7h à la frontière (3000 m
d’altitude avec des sommets entre 6 et 7000 m autour). On
attend 3 heures en prenant le thé avec les nomades
(semi-nomades) dans une caravane en taule rouillée. Puis
vers 10 h, on passe la frontière Kirghize.
2 militaires nous conduisent à la limite kirghize (à 3 km du poste frontière chinois. Mais les soldats chinois ne veulent pas nous laisser passer. Nos 2 militaires kirghizes (dont l’un parle un peu anglais), insistent. On doit attendre un accord « haut placé ». Donc on reste au soleil dans un paysage d’une beauté à couper le souffle (ou peut- être que ce sont les 3000 m d'altitude qui nous coupent le souffle!), à écouter les explosions et les tirs d’artillerie lourde autour de nous, car nous sommes dans une zone « d’entraînement militaire spécial ». Des officiers chinois de plus en plus gradés viennent nous voir. On se retrouve à une dizaine (avec les 2 militaires kirghizes). C’est sympa, ils nous offrent, à boire, des clopes, et se marrent !!!
Vers
12h30, on apprend qu’on peut marcher jusqu’au
poste chinois. Nous ne sommes toujours pas sûres de pouvoir
passer. Nos 2 kirghizes nous affirment que si on
revient, ils seront ravis! Euh, nous pas... 3km à 3000 m
avec 15 kg sur le dos, c’est très drôle!
Evidemment, on se fait arrêter à l’avant
poste. On attend encore. Enfin, arrive une voiture avec notre chauffeur
chinois et 2 colonels. Ils nous amènent au poste.
Très sympas. Sauf qu’on attend encore!
Enfin, vers 15 h, on passe la frontière, et nous voila en Chine en direction de Kashgar. 4h de traversée du désert !!!