Kashgar... dans le Xinjiang (la plus grande province de Chine) est une oasis dans le désert, sur la route de la soie.
La vieille ville héberge la communauté
Ouïghoure.
En s'y promenant, on se croirait revenues quelques siècles
en arrière. Surtout la nuit, au milieu des
échoppes d'un des
plus beaux marchés de nuit d'Asie centrale.
Les chinois ont complètement cerné la vieille
ville au profit de bâtiments modernes, comment dire... moche !
Arrivées pile pour la Fête Nationale, qui
s'étend maintenant sur une semaine, nous avons eu du mal
à retirer de l'argent, et surtout à trouver un
billet de train pour Urumqi (à 1500 km
au nord, soit à 31 heures de train!) On s'est
trouvé 2 lits dans un dortoir et on a passé nos
journées à se promener, prudemment d'abord, car
ici, l'Islam est pratiqué comme au Pakistan (à
seulement 4 h de bus !) voire l’Afghanistan (certaines femmes
sont complètement couvertes). Et bien que nous fassions
attention à la façon dont nous nous habillons,
nous avons droit à des regards hostiles, et même
à 1 ou 2 insultes. En revanche, dès qu'un homme
nous accompagne (merci James!), tout change et les gens sont adorables.
Le
dortoir nous permet de rencontrer d'autres voyageurs, aussi
différents les uns que les autres, mais tous voyagent depuis
des années.
Mike, canadien, épave humaine qui a pour
guide "les endroits les plus dangereux du monde" (il part ensuite pour
Kabul, très fier de lui…) il est venu ici, juste
pour boire de l'alcool !!! Il était saoul du matin au soir.
Pathétique.
James, prof d'anglais à Urumqi depuis un
mois et qui fait des recherches sur la situation politique du Xinjiang
pour son MBA à Cambridge.
Philip, un photographe allemand
New-Yorkais/Hong-Kongais qui arrivait du Tibet.
Grâce à James, nous avons pu
découvrir, sans risques, certains quartiers de la ville, et
surtout la cuisine Ouïghoure...
Grâce à Philip… la
cuisine Pakistanaise!
Nous partons demain (samedi) pour Urumqi, ou avec
un peu de chance, on arrivera dimanche soir…
Post du 11.10.02
…Nous avons donc quitté Kashgar le 5 pour Urumqi, à 1500 km au nord.
Parties le samedi, arrivées le dimanche. 26 heures de train,
ça ressource ! Et encore, nous avons pris l'express ! Dans
un compartiment avec une famille chinoise typique : un enfant,
surprotégé et gâté, mais
mignon tout plein ! Et comme nous étions les seules
étrangères du train, plein de gamins venaient
nous voir et essayaient de parler anglais avec nous.
Trajet sans encombre, et encore une fois nous avons vu de magnifiques
paysages désertiques, steppes, yourtes et chevaux qui
galopent en liberté.
Arrivées à Urumqi, nous avons eu du mal à trouver une chambre. La ville est énorme (capitale du Xinjiang). Nous avons galéré 2 bonnes heures avec nos sacs sur le dos. On a finalement craqué et pris une chambre double pour la première nuit, dortoir pour la suivante.
Lundi 7 - Journée repos et shopping.
Mardi
8 - Grande nouveauté : temps nuageux et même froid
! Nous avions passé 19 jours de plein soleil et de chaleur,
et on s'y habituait bien.
Heureusement, nous partons le soir pour Dunhuang dans le Ganzu. Nous
fuyons le froid !
De plus Urumqi est une grosse ville, et les attraits qu 'elle peut
offrir nécessitent sans doute que l'on y vive.
Nous repartons, pour 15 heures de train cette fois. De nouveau, nous
attrapons le train de justesse (à Kashgar, nous avions
failli le rater à cause de la différence entre
l'heure locale et l'heure officielle de Pékin - que personne
ne respecte à Kashgar sauf… les administrations).
Du train, on croirait vraiment traverser la Mongolie !!! (Toute proche).
Arrivées Liunyang à 7h du matin, nous grimpons
dans un bus pour Dunhuang à 2 heures 30 au sud (4h en cas de
tempête de sable).
Désert encore, et même des vestiges de la Grande
Muraille (qui se termine à Dunhuang).
Nous arrivons en ville et prenons une chambre : petite sieste
méritée ;-), " journée repos"
à se promener. La ville semble très paisible.
Jeudi 10 - Après un petit en-cas, nous sautons dans un tuk-tuk chinois en direction du sud. Notre but : le lac Croissant de lune et des dunes de sable qui résonnent… C'est pas tentant ça ? Sur place, nous tombons sur Laurent, un français déjà croisé à Urumqi !
Le coin est un racket organisé pour touristes. Faut
même qu'on paye pour entrer dans le désert !
Nous décidons de jouer le jeu à fond au lieu de
râler, et nous nous offrons une balade de 2h à dos
de chameaux. Oui, on sait, ça fait cliché ! Mais
ça faisait longtemps
qu'on n'avait pas ri autant !
Vous avez déjà essayé le galop sur un
chameau ? Et surtout regardé les autres galoper ? C'est
à mourir de rire : on est ridicule !!!
Retour sur Dunhuang, et repas au marché de nuit avec
brochettes épicées, cuites au feu de bois...
Délicieux !!!
Post du 18/10/02
Vendredi
11
On a tenté la 2 ème attraction de la ville : les
grottes Mogao. Toujours avec Laurent. Ca aurait pu être sympa
si on avait compris ce que disait notre guide en anglais. 3
français noyés dans un groupe de hollandais,
très studieux, qui "gobaient" tout ce que disait la guide et
hochaient la tête. Nous, paniqués parce qu'on ne
comprenait pas son accent, avons commencé à
retrouver nos vieilles habitudes de "cancres du fond de la classe".
Sandrine s'est même fait prendre en train de fumer alors
qu'il y avait des panneaux d'interdiction de fumer partout! Les
hollandais ont fini par nous avouer qu'ils ne comprenaient rien non
plus. Les fayots!!!
Heureusement, on termine la journée en beauté par
un apéro en règle! ( la bière est
moins chère que l'eau :-) )
Samedi
12
On "grasse-mate" un peu et on fait quelques courses en
prévision de nos 42 heures de train le lendemain.
Aurélie n'arrive pas à trouver de coton, alors
que la ville est cernée par les champs de coton et qu'on
voit passer sans arrêt, des tracteurs charriant de gros
ballots de coton! Quant à moi, rien à faire, je
ne trouve pas de baume du tigre en Chine! J'ai même
tenté d'imiter un tigre dans un magasin, mais ils n'ont pas
compris (Rrrraouh!). On se dit qu'on doit être vraiment
nulles!
Dimanche
13 (et lundi 14)
On prend notre bus pour retourner à la station de train. Ca
secouait tellement qu'avec le frottement de nos têtes contre
les sièges, qu'on faisait un peu Jackson 5 en descendant.
Pour
une fois, on est à l'heure et nous voila parties pour
Chengdu, au centre de la Chine. Cette fois, c'est mon tour de prendre
la couchette du bas. Mais pas de bol, Jabba le Hut a celle d'en face
(haleine fétide et pue des pieds) Une horreur!
Aurélie sur la couchette supérieure avec 40 cm de
hauteur, fait tomber son drap et fait peur à tout le monde.
Comme elle ne me répond plus, je monte voir. Et je la trouve
en train de pleurer de rire, complètement coincée
par son propre bazar!
Côté paysage, toujours les mêmes, très arides. Il nous tarde de voir enfin un peu de végétation.
Mardi
15
Arrivées à Chengdu à 6h du mat. A
6h30, déjà dans notre dortoir trouvé
tout de suite près de la rivière. Tellement
fatiguées, qu'après une douche, on a dormi un
peu. Réveillées par une nouvelle arrivante, Philippa,
Néo-Zélandaise qui bosse à Shanghai.
L'après- midi, on découvre un peu la ville. Elle
est énorme et donne une ambiance très
spéciale. Le climat est plus chaud, très humide
et la brume envahit tellement la région, qu'on voit
à peine à 500m. On aime bien.
Mercredi
16
Lever 6h30. On part avec Philippa pour un trek sur le Mont Qingcheng,
berceau du taoisme. 4h de marche aller-retour. Sur le sentier, de
magnifiques temples taoistes en bois. La brume toujours
présente accroît l'atmosphère mystique.
La jungle est luxuriante. Après tous ces déserts,
on en rêvait!
Demain, nous partons pour Kunming, plus au sud. Encore 26 h de train. D'après nos calculs, on aura passe 146 h en train en Chine.
18.10.02
Arrivées à Kunming vers 8h30. Avec Gil
et Steve, 2 anglais rencontrés dans le
train, on partage un taxi pour la gare internationale. Mais la ligne
Kunming-Hanoi a été arrêtée
à cause des inondations. Il faudra qu'on prenne le bus. On
repartage le taxi pour descendre à l'Hôtel
Camélia. On dirait un hôtel de luxe. Il y a
même des grooms à l'entrée!!! Bon, nous
bien sûr, on se retrouve dans un dortoir de 12, mais au
moins, en bas, on a accès à un salon de
beauté!!! ça nous change :-)
On sort se promener en ville. Surprises, car Kunming est
très occidentalisée. On sent que le Yunnan est
plus touristique. Et il y a des magasins
partout! 2 filles lâchées là-dedans en
mal de
shopping, c'est très dangereux pour le budget! On essaie de
limiter les dégâts, et on s'en sort avec un sac
pour Aurélie, et un pull pour moi. Le
soir, partie de carte avec Gil et Steve.
Jeune couple adorable et on passe de bons moments.
Post du
19.10.02.
Ca fait un mois qu'on est parties. D 'un côté,
ça passe vite, d'un autre, on a l'impression que
ça fait des lustres qu'on a commencé ce voyage.
Impression bizarre.
On
en profite pour faire une super lessive pour
fêter ça (il fallait!).
Journée détente, à flâner
dans la ville... Le soir on remet ça avec G et S,
mais cette fois, il y a un enjeu... : une glace chocolat/vanille.
Là,
évidemment, Aurélie rattrape son retard de la
veille et même gagne!
Post du
20.10.02
Après un réveil difficile pour moi (me suis
battue toute la nuit avec un moustique, et il a gagné parce
que le matin, j'avais un oeil fermé!), on part pour 8h de
bus à Lijiang, vers la frontière
Tibétaine. Vers 16h, le bus s'arrête pour une
pause déjeuner. Seules occidentales, on rejoint une
tablée de chinois qui nous font signe, et qui
après nous avoir vu avaler quelques bouchées se
sont mis a rire, et ont décider de nous enseigner
à manger avec des baguettes... Pourtant on trouvait qu'on se
débrouillait comme des chefs!
Donc on a essayé leur méthode... une
véritable catastrophe!
On arrive vers 20h30 à Lijiang et on saute dans un taxi pour
la vieille ville (je crois que je n'oublierai jamais la vision d'Aurélie
qui court pour arrêter un taxi, avec son énorme
sac sur le dos qui balance...)
Une fois dans la vieille ville, on a un choc. Ou plutôt un
coup de foudre !
Ruelles pavées de grosses pierres et traversées
par de petits canaux partout, avec des petits ponts tout mignons et
fleuris qui les enjambent pour accéder aux
échoppes, des lampions et lanternes rouges
accrochés aux maisons de bois. Nous sommes en pays Naxi,
ethnie qui descend des nomades tibétains, et
société matriarcale (on est enfin en territoire
libre! ;-) )
L'artisanat local donne envie de tout acheter. On prend une chambre
double dans
une auberge. La chambre donne sur une petite cour pavée,
traversée par un canal.
C'est tellement mignon qu'on pense rester jusqu'a Vendredi.
Post du 31.10.02
Vu
notre retard, on vous épargne nos derniers jours en Chine,
qu'on a passé à se reposer et à se
perdre dans les petites rues de Lijiang. Comme
prévu, on prend le bus de Kunming pour Hekou
(frontière sino-vietnamienne) dimanche a 19h30.
Les passagers sont moitié occidentaux, moitié
chinois. Du moins jusqu'à 21h, heure de notre
première panne. Là, une dizaine de chinois
descend en râlant et ils disparaissent. Comme il en reste
tout de même avec nous, on ne s' affole pas. Mais nous
n'avons
aucune idée de ce qui se passe. Nous restons
scotchés jusqu'à 1h du mat devant un garage. On
en profite pour faire la connaissance des autres occidentaux. Une
canadienne, un australien (très beau, mais
indécemment jeune ;-) ), un russo-américain, une
suédoise, une danoise, un couple franco-hongrois et 2
irlandais!
Nous avions pris un bus couchette (ne pensez surtout pas à
du luxe!). En attendant, on finit par renoncer à comprendre
et on se recouche…
Vers
1h30, le bus redémarre et à 4h30,
deuxième panne au milieu de nulle part! Arrêt
définitif pour le pauvre bus!
D'après les irlandais, il s'agirait des freins... ce
explique que personne n'ait râlé, vu le
décor montagneux.
Au petit matin, on apprend qu'un bus va partir de Kunming pour nous
récupérer. Vers 12h30, après avoir
transvasé nos sacs, les gros ballots de marchandises, etc...
, nous redémarrons enfin !!!
Au bout de quelques heures, le paysage commence à changer,
et on voit nos premiers bananiers. Le climat aussi a changé:
pluie torrentielle qui rend la piste extrêmement boueuse.
Dans les
montées, ça va encore, mais dans les descentes,
tout le monde se tait et fixe devant soi… Comme si on
pouvait aider le bus à rester sur la route !!!
On commence à sentir une odeur de
brûlé, le chauffeur s'arrête 5 mn pour
arroser les roues fumantes: les freins commençaient
à
chauffer.
On arrive enfin à Hekou vers 20h30, trop
tard pour passer la frontière...
On se laisse tous entraîner dans une guesthouse,
épuisés et affamés. Ca fait 25 heures
que nous sommes aux biscuits secs et à l'eau!
Le lendemain matin, il pleut averse, mais quelle importance? Il fait
chaud!
A 8h, on passe la frontière, avec Alex
(la canadienne) et Andrew l'australien, avec qui
nous avons sympathisé.