Post du 23.11.02
Départ
pour le Cambodge. Les 2 heures de bus jusqu'à la
frontière passent très vite. Le passage du poste
vietnamien, beaucoup moins. On attend une heure derrière le
comptoir avant que le douanier daigne prendre nos passeports.
Puis c'est la queue au poste cambodgien, car nous sommes
tombés au milieu d'un groupe d'allemands avec leur guide.
Enfin on passe ! Nous voilà de l'autre
côté, et on attend le bus cambodgien qui est en
retard. Il arrive enfin et nous démarrons à 15h.
Normalement le trajet devrait durer 4h, mais connaissant l
état des routes au Cambodge, on en doute un peu !
Effectivement, la piste est une suite de nids de poule et
d'ornières monstrueuses. Nous sommes une dizaine dans ce bus
(canadiens, américains, suédois,
français + non identifiés !).
Nous arrivons juste après la mousson et les
rizières sont d'un vert presque fluorescent. Nous retrouvons
donc le Cambodge, visité il y a deux ans, avec ses couleurs
de terre (rouge) et de jungle très spéciales, ses
rizières, les enfants qui nous font de grands signes tout le
long de
la route, mais sa pauvreté aussi…
C'est fou ce qu'on aime ce pays !
A 17h, pause-crevaison d'une heure (le cric n'étant pas
assez gros, il a fallu creuser sous la roue pour la changer). On repart
donc de nuit, et ce retard nous fait rater le ferry pour traverser le
Mékong.
Une des passagères étant malade, il a fallu
s'arrêter près d'un village vers 10h du soir. Mais
il y avait une quinzaine de cambodgiens saouls et probablement avec
quelques problèmes de consanguinité, qui
étaient un peu surexcités par la
présence d'une occidentale habillée un peu trop
sexy pour leurs standards (elle était un peu inconsciente,
aussi: mini-jupe et débardeur moulant).
Aurèlie et 2 canadiens sont descendus pour la
récupérer avant que ça ne
dégénère. Apres plusieurs efforts pour
la ramener au bus, les cambodgiens ont commencé à
lancer des pierres qui ont éclaté la vitre
arrière du bus, etc... Ca craignait sérieusement,
donc on est vite partis (après une hystérie
collective due au pare-brise arrière
éclaté, avec
un bruit non pas de pierre, mais de coup de fusil, et où
tout le monde s'est aplati dans le bus en hurlant au chauffeur : "GO
MAN ! DRIVE, DRIVE !").
Mais ça nous a
refroidies pour une visite plus approfondie du Cambodge.
On arrive à 23h30, et grâce à Stef et Rose, notre chambre est réservée ! On va leur faire un dernier coucou, avant d'aller dormir, car ils doivent partir le lendemain à Siem Reap.
Le pays est truffé de mines, et en conséquence,
détient le record mondial de mutilés.
De plus, pour un pays majoritairement rural, ils ne peuvent exploiter
qu'un infime pourcentage des terres. Et pendant la mousson, les mines
glissent et se déplacent, rendant les terrains
exploités jusque-là, extrêmement
dangereux, car les agriculteurs ne sont pas conscients du changement
d'un champ qu'ils connaissent bien, avant qu'il ne soit trop tard.
L'armée et la police ne reçoivent pas de salaire.
Ils sont payés par les amendes. Il n'y a pas de
fiscalité, etc... Le régime de Pol Pot et la
guérilla des khmers rouges qui suivit jusqu'en 98... Tout
ça est si récent !!!
Nous avons visité la S-21 " Tuol Sleng Museum ", un ancien
lycée reconverti en "camp de concentration" en 75, quand
Phnom Penh a été vidé de sa
population. En plus des instruments de torture, des
règlements affichés (qui en feraient cauchemarder
plus d'un), il y a aussi des photos, qui témoignent des
atrocités perpétrées dans ces lieux.
Visite extrêmement éprouvante ! On imagine qu'on
doit éprouver les mêmes sentiments en visitant
Auschwitz. On a poussé jusqu'à visiter les
Killing Fields (Charniers), à15 kms de Phnom Penh. On vous
laisse imaginer…
Post du 15.12.02
Donc de Phnom Penh à Siem Reap, nous avons opté pour le bateau.Un
bateau supersonique même ! 5h pour couvrir 350 kms. Avec la
vitesse, il y avait tellement de vent qu'on mettait 1/4 d heure avant
de réussir à s'allumer une cigarette ! Et bien
que nous nous soyons badigeonnées d'écran
total, jambes et visage étaient couleur "poulet
tandoori",
à notre arrivée à Siem Reap
!
La re-découverte de cette ville nous a effarées :
là où deux ans plus tôt il n'y avait
que quelques hôtels et guesthouses, il y en a maintenant plus
de 200 ! Il y a des touristes partout. Il est vrai que maintenant,
c'est devenu plus facile, du moins dans les grosses villes.
Malgré tout ça reste sympa dans la mesure
où les cambodgiens sont toujours aussi adorables.
Nous nous etions donné des missions pour notre
séjour à SR :
1) Retrouver Soth et Sang, nos
guides " motos dops " de 2000.
2) Retrouver des membres de l'équipe de tournage du nouveau
film de JJ Annaud (histoire de tigres) : Betty, une
amie d'Aurélie + un copain à qui on doit remettre
une pièce de moto Minsk achetée pour lui
à Hanoi.
3) Apprendre le Khmer…
4) Visiter des coins reculés du Cambodge.
MISSION
1
Nous avons cherché Soth et Sang
à l'hôtel où nous étions la
dernière fois.
Mais il a été racheté, les prix ont
quadruplé et il n'y a plus de moto dops (chauffeurs de
moto). Déçues, mais tenaces, on questionne tout
le monde, et finalement, une cambodgienne nous dit qu'elle
connaît un Soth, de repasser demain,
etc... Nous avons quelques doutes, mais on revient le lendemain. On
attend une 1/2 heure, et enfin le " Soth " arrive,
et c'est bien lui !
Il nous reconnaît, il est un peu ému, nous aussi.
Il a même garde la photo que nous lui avions
envoyée. Il se demandait si nous allions revenir. On
l'invite à boire une bière et on passe la
soirée ensemble. C'est génial.
Le lendemain, mail de Betty, super contente : RV au Red Piano Bar dans
2 jours.
On arrive en avance, ce qui nous permet de découvrir le
cocktail préféré de Lara Croft (Tomb
Raider a été tourné ici entre-temps)
Betty arrive avec des copains, et nous embarque vers une
soirée "équipe caméra" du film.
Très sympa. On a droit à quelques anecdotes
rigolotes sur le tournage.
On se retrouve à nouveau le samedi soir pour l'anniversaire
du cadreur. Soirée Karaoke (les cambodgiens en sont fous) et
boîte de nuit avec toute l'équipe
caméra et leurs porteurs khmers. Très
drôle. Aurélie a appris quelques mouvements de
danses khmères... encore une fois : très
drôle !
;-)
Ils nous proposent de passer une journée sur le tournage,
mais c'est un peu loin et on a peur des tigres!
MISSION
4
Suite à l'incident du premier jour, nous avons
décidé d'annuler la mission 4..
Pour le reste, nous avons donc revisité les temples pendant
3 jours avec autant de plaisir qu'avant. Nous ne saurions ici
retranscrire l'atmosphère ou la beauté du site,
donc nous nous abstenons. Mais tout de même, qu'est-ce que
c'est beau !
Nous n'avons malheureusement pas pu assister au grandiose concert de
charité Josse Carreras à Angkor Wat,
le prix du billet étant de 1000 dollars (et aussi vu qu'on
n'aime pas spécialement José Carreras !)
Nous
sommes encore tombées sur Niall et Ann, les
irlandais qui font le même trajet que nous depuis Kunming.
Nous avons rencontré Giorgina, une suissesse-
italienne qui travaille dans l'humanitaire. Très
intéressante.
Et Max, un photographe de la BBC qui vit au
Pérou (on passera sûrement le voir à
Cuzco).
La maman de Soth: un après-midi, Soth nous a
emmenées voir sa famille. Séance photo et
discussions sur la vie au Cambodge.
Le Guide du War Museum, à qui il manque
une jambe et qui se surnomme lui-même "Roadrunner". Il a
sauté sur une mine en 82. Très touchant, car sans
se plaindre, il nous a expliqué les différentes
mines, comment les étudiants de Phnom Penh
ont dû se joindre à l'armée en 82 pour
lutter contre les Khmers rouges à la frontière
Thaïlandaise, et combien de ces étudiants sans
préparation au combat ont péri ou ont
sauté sur des mines. Et comment à ce jour, ils
n'ont eu aucune indemnisation, parce qu'ils n'étaient pas
militaires!