La
suite de notre périple avec un peu en retard, puisqu'en
Birmanie, il n'y a pas d'accès internet. On ne va pas
revenir sur nos " vacances", les photos de la Thaïlande
devraient vous en donner une bonne idée ;-).
Et puis, ça nous a fait du bien de ne pas penser
à internet pendant quelque temps.
Nous sommes donc parties au Myanmar, le 10 janvier. Arrivées
à Rangoon dans la soirée, et chanceuses, nous
sommes tombées sur la chambre la moins chère de
la ville du premier coup ! Mais bon, pour le prix ça se
comprenait, vu l'état de la "chambre", au second
étage d'un immeuble glauque ! C'était aussi la
dernière chambre libre de la ville, on comprend pourquoi...
Tout ferme très tôt ici, et nous avons eu beaucoup
de mal à trouver un endroit pour manger à 10
heures du soir. Nous avons atterri dans un « dinner show
», accompagnées de deux autres voyageurs de notre
guest-house (un Singapourien et un Malais).
Heureusement car nos étions les seules filles,
exceptées celles qui chantaient sur scène devant
des hommes attablés qui leur louchaient dessus et achetaient
des banderoles, ou des couronnes qu' un serveur allait leur mettre
pendant leur performance. Sympa pour celle qui n'a rien eu.
Bref, l'endroit était peu reluisant, mais nous avions faim !
La nuit fut moyenne, la guesthouse étant à
côté d'une mosquée et
c'était un vendredi soir : on a eu droit toute la nuit aux
prières chantées, volume à fond.
Le lendemain, nous avons entamé la découverte du
quartier. On se croirait un peu à New Delhi : rats
écrasés dans la rue, fils électriques
qui pendent partout, la saleté, la pauvreté. Avec
quelques plus : les barrages de police, les barbelés, et des
centaines de corbeaux qui donnent une impression étrange, un
peu morbide.
Nous sommes restées trois jours à Rangoon, ce qui
nous a permis de découvrir un peu plus la ville et de la
trouver plus attrayante qu'au premier abord.
La Shwe-Dagon Paya, notamment, qui est le site bouddhiste le plus
sacré du pays et qui est magnifique. Et nous avions
oublié l'appareil photo !
Mardi
14 janvier
Départ pour le lac Inle, vers midi. 22 heures de bus,
quelques pannes comme d'habitude. Nous avons rencontré deux
français sur le trajet, Stéphane et Lionel. Nous
nous sommes installés à Nyaungshe, au nord du
lac. Petite "ville", avec très peu de voitures, mais
beaucoup de vélos, de calèches tirées
par des chevaux, et des sortes de tracteurs avec des moteurs de
bateaux. Et bien sûr, des barques, puisque
l'activité principale se déroule sur le lac.
Jeudi
16
Avec Lionel et Stéphane, nous avons loué une
barque à moteur pour la journée. La
moitié du lac est occupée par des cultures de
fleurs, de légumes, de fruits, de roseaux, et autres que
l'on n'a pas réussi à reconnaître.
Ainsi que des groupes de maisons sur pilotis, de pagodes et de
monastères.
Nous nous sommes promenés un peu partout, avons
évité le marché à
touristes, visité le fameux monastère aux chats.
Journée très agréable.
Hormis
un treck pour Aurélie, Stéphane et Lionel, nous
sommes restées quelques jours à
apprécier la quiétude de l'endroit (style Walnut
Grove pour les initiés). Puis nous sommes parties pour
Mandalay. En bus toujours, de nuit encore !
Pas mal de rencontres intéressantes et des
Français surtout (étonnamment, beaucoup de
compatriotes voyageurs en
Birmanie).
Nous avons retrouvé avec plaisir Lionel et
Stéphane, rencontré un ex-"expat" qui nous a
donné pas mal de renseignements sur le pays... etc.
Mandalay est a priori beaucoup plus vivante que Rangoon.
Différente. Balade dans les ruelles du marché,
beaucoup de couleurs.
Enfin dernière étape avant le retour, nous avons
pris le bateau pour Pagan (ou Bagan), sur l'Irrawaddy, toujours avec S
et L.
Le "voyage" en bateau nous a beaucoup plu. Janvier étant le
mois le plus sec et aussi le plus frais, le bateau touchait
fréquemment le fond. La rivière correspondait
vraiment à ce que l'on en avait vu dans des reportages,
excepté quelques touristes en tour organisé, que
beaucoup comme nous ont eu envie de jeter par-dessus bord:
Il
faut savoir que les enfants revendent les stylos aux magasins
où les touristes les achètent et ils vont
à l'école de toute façon, et le
materiel leur est fourni !
Petit coup de gueule. oui, cette attitude nous énerve
passablement !!! De plus, quatre stylos ne coûtent
là-bas que 80 centimes (de francs) et les savonnettes ont
été fauchées dans les
hôtels. Faudrait arrêter de se donner bonne
conscience à ce tarif là !
Et comprendre que ces gestes dénaturent
complètement la relation que l'on veut essayer d'avoir avec
les gens.
On
choisit une petite guest-house avec Stéphane et Lionel. Nous
avons rempli les papiers et pris possession des clefs des deux
bungalows, et quand les Birmans nous ont vu rentrer, filles d'un
côté et garçons de l'autre, ils ont
éclaté de rire et se sont moqués d'eux
le reste du séjour !
Le lendemain, nous avons tous les quatre loué des
vélos (pourris) et avons sillonné les environs.
Petits villages, avec des pagodes et stupas à perte de vue.
Le soir, sublime coucher de soleil sur l' Irrawaddy. Ca requinque. ;-)
Le marché le lendemain, très jolis
clichés de vie.
Pagan,
c'est quand même magnifique.
Retour en calèche à cheval à Nyaung U
(où nous logeons) : c'est l'un des moyens de se
déplacer les plus utilisés ici.
Lionel et Stéphane ont pris l'avion pour Rangoon, les
lâches ! On a dû se contenter du bus. Enfin, nous
avions le
temps le temps, eux non, car ils repartaient sur Paris par le vol du
lendemain.
Cette fois, seules les fenêtres du haut s'ouvraient,
d'où net progrès, car d'habitude beaucoup de
birmans vomissent par la fenêtre, ce qui gâche un
peu le voyage quand on est à l'arrière !
Aurélie est arrivée dans un triste
état.mais dû seulement à une intox
alimentaire (courant ici). Moi j'y avais eu droit au début
du voyage.
Bilan Birmanie : nous sommes ravies d'avoir eu un aperçu de ce pays très contrasté.
On ne peut accéder qu'à certaines parties du pays et les gens sont surveillés en permanence par des policiers en civil, ou encore par le "responsable" du quartier... Ils subissent sans broncher la destruction de leur maison, le travail forcé, etc.. Ils sont stressés et beaucoup souffrent d'hypertension : il est certes extrêmement difficile de se faire une idée exacte sur les méfaits de la junte.N'ayant presque pas accès à l'information extérieure, ils « acceptent » leur vie. De toute façon, ils n'ont pas d'autres choix pour le moment. Ajoutons à cela, que les relations entre les différentes ethnies dégénèreraient sérieusement si tout d'un coup la junte disparaissait. Il est probable que l'oppression actuelle laisserait place d' abord à une guerre civile.
Pas simple du tout comme situation.