TOUR DU MONDE 2002-2003
"Le Bonheur n'est pas une destination, c'est un voyage"

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BIRMANIE (Myanmar). Capitale Rangoon

Post du 04.02.03

La suite de notre périple avec un peu en retard, puisqu'en Birmanie, il n'y a pas d'accès internet. On ne va pas revenir sur nos " vacances", les photos de la Thaïlande devraient vous en donner une bonne idée ;-).
Et puis, ça nous a fait du bien de ne pas penser à internet pendant quelque temps.
Nous sommes donc parties au Myanmar, le 10 janvier. Arrivées à Rangoon dans la soirée, et chanceuses, nous sommes tombées sur la chambre la moins chère de la ville du premier coup ! Mais bon, pour le prix ça se comprenait, vu l'état de la "chambre", au second étage d'un immeuble glauque ! C'était aussi la dernière chambre libre de la ville, on comprend pourquoi...
Tout ferme très tôt ici, et nous avons eu beaucoup de mal à trouver un endroit pour manger à 10 heures du soir. Nous avons atterri dans un « dinner show », accompagnées de deux autres voyageurs de notre guest-house (un Singapourien et un Malais).
Heureusement car nos étions les seules filles, exceptées celles qui chantaient sur scène devant des hommes attablés qui leur louchaient dessus et achetaient des banderoles, ou des couronnes qu' un serveur allait leur mettre pendant leur performance. Sympa pour celle qui n'a rien eu.
Bref, l'endroit était peu reluisant, mais nous avions faim !
La nuit fut moyenne, la guesthouse étant à côté d'une mosquée et c'était un vendredi soir : on a eu droit toute la nuit aux prières chantées, volume à fond.
Le lendemain, nous avons entamé la découverte du quartier. On se croirait un peu à New Delhi : rats écrasés dans la rue, fils électriques qui pendent partout, la saleté, la pauvreté. Avec quelques plus : les barrages de police, les barbelés, et des centaines de corbeaux qui donnent une impression étrange, un peu morbide.
Nous sommes restées trois jours à Rangoon, ce qui nous a permis de découvrir un peu plus la ville et de la trouver plus attrayante qu'au premier abord.
La Shwe-Dagon Paya, notamment, qui est le site bouddhiste le plus sacré du pays et qui est magnifique. Et nous avions oublié l'appareil photo !

Mardi 14 janvier
Départ pour le lac Inle, vers midi. 22 heures de bus, quelques pannes comme d'habitude. Nous avons rencontré deux français sur le trajet, Stéphane et Lionel. Nous nous sommes installés à Nyaungshe, au nord du lac. Petite "ville", avec très peu de voitures, mais beaucoup de vélos, de calèches tirées par des chevaux, et des sortes de tracteurs avec des moteurs de bateaux. Et bien sûr, des barques, puisque l'activité principale se déroule sur le lac.

Jeudi 16
Avec Lionel et Stéphane, nous avons loué une barque à moteur pour la journée. La moitié du lac est occupée par des cultures de fleurs, de légumes, de fruits, de roseaux, et autres que l'on n'a pas réussi à reconnaître. Ainsi que des groupes de maisons sur pilotis, de pagodes et de monastères.
Nous nous sommes promenés un peu partout, avons évité le marché à touristes, visité le fameux monastère aux chats.
Journée très agréable.

Hormis un treck pour Aurélie, Stéphane et Lionel, nous sommes restées quelques jours à apprécier la quiétude de l'endroit (style Walnut Grove pour les initiés). Puis nous sommes parties pour Mandalay. En bus toujours, de nuit encore !
Pas mal de rencontres intéressantes et des Français surtout (étonnamment, beaucoup de compatriotes voyageurs en Birmanie).
Nous avons retrouvé avec plaisir Lionel et Stéphane, rencontré un ex-"expat" qui nous a donné pas mal de renseignements sur le pays... etc.
Mandalay est a priori beaucoup plus vivante que Rangoon. Différente. Balade dans les ruelles du marché, beaucoup de couleurs. 

Nous sommes aussi descendues le long de l' rrawaddy en "taxi de poche", pour arriver au bord d'un lac au sud de Mandalay et admirer le pont U Bein.

Enfin dernière étape avant le retour, nous avons pris le bateau pour Pagan (ou Bagan), sur l'Irrawaddy, toujours avec S et L.
Le "voyage" en bateau nous a beaucoup plu. Janvier étant le mois le plus sec et aussi le plus frais, le bateau touchait fréquemment le fond. La rivière correspondait vraiment à ce que l'on en avait vu dans des reportages, excepté quelques touristes en tour organisé, que beaucoup comme nous ont eu envie de jeter par-dessus bord:

Lors d'un arrêt pour récupérer de nouveaux passagers, des Birmanes se sont avancées dans l'eau jusqu'aux épaules pour vendre des fruits. Un passager a pris des bananes et a refusé de payer le prix demandé, lui a jeté la moitié de la somme, estimant que c'était assez et a gardé les bananes. Elle, dans la rivière était impuissante à réagir.. Des gamins sont entrés dans l'eau, pour récupérer des stylos qu'une touriste jetait du pont supérieur. Elle en a jeté quatre : deux à l'eau, deux rattrapés par les enfants qui étaient au moins quinze ! Un autre leur jetait des savonnettes d'hôtel qu'il avait dans une poche en plastique. En gros, leurs "bonnes" actions visaient à l'éducation et l'hygiène. On aurait dit une scène au zoo : de gens jetant des bananes dans la fosse aux singes !

Il faut savoir que les enfants revendent les stylos aux magasins où les touristes les achètent et ils vont à l'école de toute façon, et le materiel leur est fourni !
Petit coup de gueule. oui, cette attitude nous énerve passablement !!! De plus, quatre stylos ne coûtent là-bas que 80 centimes (de francs) et les savonnettes ont été fauchées dans les hôtels. Faudrait arrêter de se donner bonne conscience à ce tarif là !
Et comprendre que ces gestes dénaturent complètement la relation que l'on veut essayer d'avoir avec les gens.

Arrivée à Pagan (ou Bagan) en fin d'après-midi.

On choisit une petite guest-house avec Stéphane et Lionel. Nous avons rempli les papiers et pris possession des clefs des deux bungalows, et quand les Birmans nous ont vu rentrer, filles d'un côté et garçons de l'autre, ils ont éclaté de rire et se sont moqués d'eux le reste du séjour !
Le lendemain, nous avons tous les quatre loué des vélos (pourris) et avons sillonné les environs. Petits villages, avec des pagodes et stupas à perte de vue.

Dans un village, à priori hors du sentier tourisme de masse, même les bébés tendent la main et réclament un stylo ou une fermière demande de l' argent pour une photo de son char à boeufs...

Le soir, sublime coucher de soleil sur l' Irrawaddy. Ca requinque. ;-)
Le marché le lendemain, très jolis clichés de vie.

Puis, sur Pagan, "re-" coucher de soleil depuis l'une des stupas, d'où pendant deux heures nous avons apprécié la vue sur les milliers de temples et pagodes qui s'élèvent au-dessus des arbres.

Pagan, c'est quand même magnifique.
Retour en calèche à cheval à Nyaung U (où nous logeons) : c'est l'un des moyens de se déplacer les plus utilisés ici.
Lionel et Stéphane ont pris l'avion pour Rangoon, les lâches ! On a dû se contenter du bus. Enfin, nous avions le temps le temps, eux non, car ils repartaient sur Paris par le vol du lendemain.

Et hop 16 heures de plus en bus.

Cette fois, seules les fenêtres du haut s'ouvraient, d'où net progrès, car d'habitude beaucoup de birmans vomissent par la fenêtre, ce qui gâche un peu le voyage quand on est à l'arrière !
Aurélie est arrivée dans un triste état.mais dû seulement à une intox alimentaire (courant ici). Moi j'y avais eu droit au début du voyage.

En bref, retour à Rangoon et fin du voyage birman.

Bilan Birmanie : nous sommes ravies d'avoir eu un aperçu de ce pays très contrasté.

On ne peut accéder qu'à certaines parties du pays et les gens sont surveillés en permanence par des policiers en civil, ou encore par le "responsable" du quartier... Ils subissent sans broncher la destruction de leur maison, le travail forcé, etc.. Ils sont stressés et beaucoup souffrent d'hypertension : il est certes extrêmement difficile de se faire une idée exacte sur les méfaits de la junte.

N'ayant presque pas accès à l'information extérieure, ils « acceptent » leur vie. De toute façon, ils n'ont pas d'autres choix pour le moment. Ajoutons à cela, que les relations entre les différentes ethnies dégénèreraient sérieusement si tout d'un coup la junte disparaissait. Il est probable que l'oppression actuelle laisserait place d' abord à une guerre civile.

Pas simple du tout comme situation.

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