Ca
y est ! On y est... et ça fait tout drôle de
changer de continent ! Nous avons attéri à
Darwin, "the top end of the North Territory". Le premier contact avec
l'Australie s'est fait à l'occasion du passage de la douane.
Après avoir répondu à un questionnaire
plus long que de coutume, de souriants douaniers ont scanné
scrupuleusement nos bagages pour la seconde fois du trajet (mais n'ont
rien dit sur nos 500 cigarettes importées en douce!). Il y a
plutôt intérêt à respecter la
liste des objets prohibés - à jeter ses vieux
sandwiches, boissons, cookies et autres denrées pouvant
"nuire" à l'écosystème du pays. Sinon,
il vous en coûtera 200 dollars australiens, comme
à ce pauvre voyageur que nous avons croisé, et
qui avait malheureusement oublié 3 pétales de
fleur exotique entre les pages d'un livre !
Nous avons tout de suite pris la navette et sommes descendues en centre
ville dans un "backpacker's" (sorte de guesthouse avec dortoirs) et
vers 7 h du matin, nous étions déjà au
lit pour rattraper notre nuit blanche. Quelques heures plus tard (et
quelques cernes en moins !), nous sommes allées faire des
courses pour les prochains jours. Les backpacker's, c'est
très pratique, on peut cuisiner, et donc choisir son
alimentation. Vu nos dons culinaires, très connus de tous,
nous avons opté pour des sandwiches et des pâtes.
Darwin est assez petite (80 000 hab.), en revanche, les rues sont
très larges. En fait, tout est large mais il n'y a pas un
chat dehors, à part quelques aborigènes et
quelques exceptions près. Bref, c'est un peu mort, comme
bled... C'est même un peu oppressant pour nous, qui venons de
passer des mois au milieu des foules asiatiques. Enfin, on s'habitue,
de plus les gens sont très sympas.
Le climat est toujours tropical, l'eau des plages a une couleur
magnifique, et manque de bol, on ne peut pas se baigner à
cause des "jelly boxes" (méduses mortelles qui infestent la
côte, d'octobre à mai).De plus, les eaux regorgent
de crocodiles marins, les "salties", et bien que les docks soient
protégés par des pièges, il y a
toujours de gros malins qui les enlèvent, et les crocos
passent (les imprudents trépassent! :-p ) Notre "hostel"
dispose d'une piscine dans laquelle on se venge tous les
après-midi.
Nous étions justement en train de nous prélasser
au soleil, quand Luc, le gérant, est venu nous
prévenir qu'un cyclone de catégorie 1 se
profilait à l'horizon: Cool! Une nouvelle
expérience à vivre!
Le barbecue "Aussie Tuker" du dimanche soir n'est pas pour autant
annulé (le cyclone "Craig" avance lentement).
Soirée très conviviale, mais la pression monte au
fur et à mesure des annonces de consignes de
sécurité et ouvertures des abris municipaux. Avec
quelques autres, nous dédramatisons à coup de
rhum et de bon vin rouge australien.
Lundi au petit-déj, nous apprenons que Craig est maintenant
de catégorie 2, et se dirige toujours sur nous, mais prend
son temps. Difficile de prévoir sa trajectoire exacte et
quand il atteindra Darwin. Vent et pluie sont
déjà la en force, mais nous avons le temps de
visiter le musée d'art aborigène, suivi de
"Crocodylus Park". Sue, notre guide habillée comme Laura
Dern dans Jurassic Park a entamé la visite, nous
entraînant sur une passerelle au-dessus d'une dizaine de
crocos géants (jusqu'à 7 m de long). On a failli
avoir une crise cardiaque quand elle a commencé son
laïus en hurlant. Puis nous avons eu droit à la
démonstration du siècle: Sue a
accroché un poulet entier à une poulie, et l'a
fait coulisser 3m au-dessus de l'eau, jusqu'au milieu de
l'étang. Un croco a jailli des profondeurs et a
gobé le malheureux volatile. Nous étions mortes
de rire, c'était exactement la scène de la
chèvre et du T-Rex dans Jurassic Park. Grâce
à son enthousiasme, nous avons
apprécié la visite beaucoup appris sur ces
horribles bestioles: on estime à 75 000 environ le nombre de
Salties dans la région... et il n'y a que les touristes qui
se font croquer!
De retour au dortoir, on nous informe que Craig est attendu au petit
matin. L'aéroport est maintenant fermé, et notre
vol du lendemain pour Alice Springs est fortement compromis. Les
dortoirs du haut sont évacués, tout le monde
descend au rez-de-chaussée, le tout dans une ambiance un peu
électrique. On s'endort, bercées par le bruit de
la tempête.
Au réveil, c'est l'étonnement
général: Le vent est tombé, et Craig
se dirige vers le Queensland après être
passé à 50 km de Darwin.
Déçues, nous prenons la navette pour
l'aéroport, les vols ont repris, et vers 14h, nous quittons
la région où fut tourné "Crocodile
Dundee".
Nous arrivons 1500 km plus au sud, à Alice Springs, et nous
sommes tout de suite accueillies par un nuage de mouches ! Nous voila
en plein centre de l'Australie, à 500 km de Ayers Rock, le
fameux rocher rouge. Apres avoir intégré notre
nouveau backpacker's, nous partons explorer le centre ville, chacune
entourée de son nuage de mouches (Appelez- nous
Hébus et Schrek!). Le temps est beaucoup plus sec, mais le
ciel est d'un bleu magnifique, le paysage est sublime,
désertique et de couleur ocre. Pour nous, les nuits sont
très fraîches, ce qui a causéune petite
altercation entre Sandrine et une anglaise qui partage notre dortoir,
à propos de la climatisation, qui une fois
branchée, transforme la chambre en freezer. Petit
échange en anglais de mots doux choisis (NB: On a quand
même gagné ;-))
Nous hésitions entre un tour (en groupe) ou louer une
voiture pour descendre sur Ayers Rock. Entre cet incident (pas envie de
risquer 3 jours avec ce genre de "merdeuses") et le fait que le
gérant ait trop lourdement essayé de nous imposer
son tour organisé, nous avons opté pour la
location de voiture, et la liberté de Thelma et Louise (on
évitera les falaises, c'est promis!). En attendant de partir
samedi, nous avons un programme chargé: rattraper notre
retard cinématographique, et se faire une soirée
dans un saloon avec de vrais cowboys du bush! (les "Jackiroos").
La
fin du séjour à Alice s'est
donc passée selon nos attentes, voire mieux. On a
passé 2 soirées très cosmopolites
(backpackers allemand, hollandais, canadien, anglais, suisse...), en
boîte ET au saloon.
Samedi matin (15.03) nous partons chez Avis prendre possession de notre
nouveau véhicule, loué pour 3 jours.
Aurélie, qui elle, n'a pas oublié de prendre son
permis de conduire, sera la seule à pouvoir profiter de la
conduite à gauche ! Après quelques achats, nous
nous élançons sur la Stuart Highway,
en direction de King's Canyon, notre premiere
étape. C'est parti pour 450 kms de ligne droite à
travers un beau désert rouge, et s'il n'est pas toujours
rassurant de rouler pendant 200 kms avant de voir une maison (en
généal, celle de la station service!), nous ne
regrettons pas notre décision car cette liberté
n'a pas de prix. Pas de circulation, pas d'habitation, aucun signe de
vie (les seuls kangourous aperçus sont morts au bord de la
route), et le soleil crée des mirages à
l'horizon. Nous sommes obligées de mettre chapeau et
moustiquaire sur la tête chaque fois que nous sortons de la
voiture, sinon, c'est 50 mouches sur le visage!!! Nous arrivons au
camping de King's canyon en fin d'après midi, et plantons
fièrement notre tente en 5 mn chrono avant la
tombée de la nuit, devant un beau Ranger qui nous rappelle
que le matin, il faut vérifier que des scorpions n'ont pas
élu domicile dans nos chaussures. Serpents et
araignées sont censés avoir plus peur de nous que
l'inverse, c'est marrant comme ça ne rassure pas du tout ce
genre d'affirmation ! Au coucher de soleil, nous avons
ramassé du bois dans le bush, et fait un joli feu qui
illumine notre rudimentaire campement.
Le lendemain, nous partons au petit matin vers King's Canyon
à 30 kms plus loin. Armées de 2 litres d'eau
chacune, nous entamons la randonnée pour nous retrouver
très vite dans un superbe paysage de rochers et falaises
rouges. Hormis le vent, aucun bruit ne vient perturber le silence qui
règne. A 10h du matin, il fait déjà
plus de 40 degrés . Pendant 3h30, nous avons
longé différents canyons, et stoïquement
résisté à la tentation d'utiliser
l'une des 3 bornes de secours pour appeler un Ranger;-)
Apres avoir refait le plein d'essence et d'eau, nous partons pour Ayers
Rock pour 400 kms de plus de route désertique.
Arrivées en fin d'après-midi, nous installons la
tente au Campground. Au petit matin (6 heures! aaaaahhhhhhhhh!!!), nous
démarrons pour voir le fameux lever du soleil sur Uluru.
Effectivement, c'est magnifique, le rocher passe du pourpre au rouge en
une heure. Nous décidons de ne pas l'escalader, car si c'est
autorisé par la loi, c'est une terre sacrée et
interdite pour les aborigènes. On a beau l'avoir vu maintes
fois en reportage ou carte postales, le rocher est impressionnant, de
près ou de loin. A 100 kms de distance, on le voyait
déjà et pouvions même apercevoir ses
failles. Incroyable. En suivant, nous allons voir les Olgas
qui sont un ensemble de rochers du même type. Cette fois, on
peut se promener dans l'un des canyons. Ambiance mystique garantie ! On
comprend que les aborigènes y attribuent la
résidence de leurs dieux.
De retour vers 14 h au camp, il nous est impossible d'entrer dans la
tente. Nous sommes étonnées qu'elle n'ait pas
encore fondue ! Une seule possibilité pour
l'après-midi : PISCINE ! ;-)
Mardi matin, nous rendons la voiture à l'aéroport
et prenons l'avion pour Sydney. On s'installe au
"Jolly Swagman", un backpacker's dans le quartier chaud de Sydney. Ce
qui a essentiellement déterniné notre choix, ce
sont les petites lampes de lecture au dessus de chaque lit. Grand luxe!
King's Cross ressemble à Pigalle, mais la
présence de junkies rend l'endroit encore plus sordide. En
revanche, l'ambiance du Jolly Swagman est tellement géniale
que l'on oublie vite le côté malfamé
des alentours. Il faut avouer qu'on est un peu les doyennes des
backpackers, la moyenne d'âge se situant plutôt en
dessous de 25 ans! En moins de 2 jours, nous sommes des
habituées. Cette fois, nos 2 "room mates" sont
très cool. De plus, on a la chance de tomber sur Nicolas,
puis Valentine, 2 français voyageurs individuels avec qui on
accroche très vite. Nous passons toutes nos
soirées en bande, au pub.
Le temps est radieux, printanier, et nous marchons dans le coeur de la
ville, souvent avec Laurie et Christophe, un couple de
français adorables, rencontrés à Alice
Springs, et retrouvés à Sydney grâce
à internet. Nous découvrons les merveilles de la
cité : Jardin botanique, Opera House, le pont, les Rocks,
Darling Harbour, etc...). Nous sommes tout de même parties en
excursion le samedi, accompagnées de Nicolas et Darren, pour
une rando dans les Blue Mountains et leur
"rainforest", à 2 heures de train de Sydney. Lundi matin,
c'est le coeur un peu lourd que nous les quittons tous, et nous nous
envolons pour Melbourne, notre dernière
destination avant la Nouvelle-Zélande.
Nous sommes arrivées hier, et la ville, bien que
différente de Sydney, nous plaît beaucoup. Elle
nous semble plus cosmopolite, un peu européenne, plus
culturelle que Sydney.
Il nous reste une semaine en Australie, et nous
allons rendre visite à des amis, à Mount
Eliza, à 40 kms au sud, sur la côte.
Petite anecdote tout de même .Hier soir, dans notre dortoir,
nous avons effrayé une jeune suisse, quand le rhume
d'Aurélie s'est transformé en petite bronchite,
et que nous avons malencontreusement mentionné que nous
arrivions d'Asie. La pauvre s'est alors mise à nous parler
en se protégeant le visage avec la manche de son pull !!!
Après
2 jours tranquilles à Melbourne, nous
sommes descendues à Mount Eliza, chez
des amis, et avons ainsi passé le week-end à Wilson
Promomtory National Park. On avoue que Laurence et
Ian nous ont bien remises en forme!!! Nous nous sommes
nous-mêmes étonnées par la
quantité de nourriture qu'on a pu avaler! A sans
arrêt changer d'endroit, et ne pas pouvoir emporter de
produits frais d'un Etat à l'autre,nous avions pris
l'habitude de nous nourrir un peu n'importe comment, nous contentant,le
plus souvent de sandwiches au fromage. Quand nous avons eu dans nos
assiettes de l'Ossobuco délicieux, et autres plats
succulents, nous avons craqué.On a bien du prendre 2 kg en
quelques jours! Le vendredi soir, nous sommes allées
à Wilson Prom en face de la Tasmanie
(pointe au sud est de Melbourne). Le parc est magnifique, les plages et
falaises nous ont rendu la marche encore plus agreable. Nous
étions une trentaine dans une lodge, avec des cuisiniers
hors pair, doublés d'amateurs de vin...
Côté culinaire, ce fut encore le paradis .Samedi
soir, à l'apéro nous avons mentionné
qu'en 3 semaines de séjour en Australie, nous n'avions
toujours pas vu de kangourous! Ni une ni deux, Peter, l'un des
"convives", nous a alors emmenées en 4X4, à la
tombée de la nuit, pour un safari wildlife. Une heure
à rouler pendant laquelle on a vu 5 kangourous et 3 wombats!
Enfin!!! Ravies, nous avons pu finir l'apéro,
rassurées d'avoir profité de ça
aussi...
Le lendemain, sur le retour, Ian nous a trouvé 4 autres
kangourous, et des émeus. Ce fut vraiment un week-end
génial.
Retour à Melbourne ( ventre un peu
déformé par les abus ;-) ) pour prendre notre
avion pour la Nouvelle-Zelande.